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[Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix]

 
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Mirage Delacroix
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MessagePosté le: Dim 6 Fév 2011 - 00:27    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant


Mirage longeait tranquillement le couloir pour rejoindre sa classe, lorsque soudainement, une douleur effroyable attaqua sa poitrine.

-

Souffrance.

Depuis ma naissance, ces attaques ne cessaient jamais. Certaines étaient plus puissantes que d'autres, mais chacune d'entre elles apportait les mêmes évènements. Mon corps n'était pas seulement maudit, mais aussi très fatigué ! Je ne savais pas combien de temps me rester-il ... Je voulais tellement mener une vie paisible, à jamais aux côtés de mon Grand Frère ... J'en avais assez de le voir souffrir à chaque fois que je me retrouvais sur un lit d'hôpital, entourée par toutes les machines fabuleuses de la Médecine. Je souhaitais qu'un sourire immense s'illumine sur son visage chaque jour de son existence. Il était si souvent inquiet, perdait tellement de temps à prendre soin de moi ... Mais c'était toujours la même chose, malgré tous les médicaments écœurants que j'avalais à longueur de journée. Mon cœur battait si vite que l'on aurait dit qu'il allait sortir de ma cage thoracique. Les spasmes commençaient, mon corps entier s'agitait. Je vacillais, et essayais de saisir quoique ce soit qui m'empêcherait de tomber, en vain. Je chutais.Tentant vainement de reprendre mon souffle, de ralentir ne serait-ce qu'un peu les battements de ce cœur hanté. Mes doigts cherchaient instinctivement la boîte argentée de mon sac à dos qui contenaient les pilules qui pouvaient sauver ma vie. J'en renversais tout le contenu pour tenter de les mener à mes lèvres, en vain. Mes mains tremblaient trop pour réaliser une action si difficile, et je manquais d'oxygène. Un hurlement strident sortait de mes lèvres sans avertir mon esprit, surprenant mon cœur encore plus. Fortuitement, ils alertèrent les élèves qui sortirent de la classe de soins pour courir vers moi. Je n'avais plus la force de respirer. Tout s'assombrissait. Mes yeux se refermaient. Ils arrivaient trop tard. Je sombrais.

Obscurité.

-


L'infirmerie était aussi blanche que le visage de la petite qui était couchée sur un des lits de la rangée de gauche. Cet endroit qui était jadis la plupart du temps vide, était à présent souvent occupée par cette même créature et son grand frère bienveillant. Aujourd'hui encore, Mirage Delacroix avait fait un malaise, et se reposait à l'infirmerie, accompagnée par Alexandre Delacroix. Ce phénomène devenait un des sujets préférés des bavards du coin. Pourquoi la petite était donc si faible ? Et pourquoi son frère était toujours avec elle ? D'où venaient-ils ? Pourquoi cet accent ? Toutes ces questions restaient néanmoins sans réponse, car en voyant le regard terrifiant d'Alexandre Delacroix, toute pipelette se taisait, n'osant même pas le saluer. Cette journée s'annonçait aussi monotone que les autres. Elle allait se réveiller, prendre ses médicaments et se reposer pendant encore quelques heures. Pourtant, la pluie battante que l'on apercevait derrière les vitres nous prédisait quelque chose de complètement différent. Une action qui allait modifier les âmes des deux assassins à jamais.
 

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Dernière édition par Mirage Delacroix le Mar 8 Fév 2011 - 22:39; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 6 Fév 2011 - 00:27    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 6 Fév 2011 - 16:31    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

Ça faisait longtemps, si longtemps qu'Alexandre n'avait pas eu la chance de contempler le ravissant visage de sa sœur, la seule chose qui pouvait faire battre son cœur de pierre et apaiser son esprit tourmenté par les remords. Bien entendu, la notion du temps chez l'Hukai était légèrement déréglée quand il s'agissait de sa Mirage. Ainsi, quelques jours, une semaine sans la voir pouvait lui paraitre des siècles. Dans une optique plutôt glauque, Mirage était une drogue, sa drogue, quelque chose d'addictif capable de le faire sortir de son habituel état blasé. Si la comparaison était peu rassurante, elle était tout à fait réaliste. Sans Mirage, il se sentait stressé, tendu, fatigué et plus les jours passaient, plus il songeait au délicat minois blanc de son ange gardien aux yeux écarlates. Le jeune homme était un junkie, un junkie de sa propre frangine et il avait besoin d'elle autant qu'elle avait besoin de lui.
C'était donc sans avoir eu sa dose hebdomadaire de Mirage, qu'Alexandre s'était éveillé ce matin dans une humeur plus que noire. Avec une furieuse envie de tuer tout être vivant qui croiserait son chemin, il avait empoigné ses affaires, mis le pantalon de son uniforme, mais ne trouvant pas le haut dans le bordel ambiant qu'était sa chambre, avait enfilé un T-Shirt à l'effigie d'Iwrestledabearonce avant de quitter son dortoir en ruminant sa haine contre le monde entier. Aujourd'hui était un mauvais jour et au fond de lui, Alexandre avait la conviction que quelque chose de mauvais allait arriver.

Et son mauvais pressentiment se réalisa quand on vint le convoquer en plein cours en le priant de rejoindre l'infirmerie. L'Hukai comprit tout de suite que quelque chose était arrivé à Mirage. Cette dernière devait encore être tombée dans les pommes suite à ses problèmes de santé. C'était chose courante dans le quotidien de la demoiselle. Pourtant, à chaque fois qu'on lui annonçait que sa sœur avait fait une crise, c'était le propre cœur du jeune homme qui semblait s'arrêter.
En moins de deux minutes, Alexandre déboulait dans l'infirmerie, la respiration difficile et le ventre tordu par l'angoisse. Personne ne prit la peine de lui expliquer ce qu'il s'était passé : tout le monde avait l'habitude et à chaque fois qu'il arrivait quelque chose à le petite Delacroix, Alexandre était le premier averti. Il fallait dire qu'ils n'avaient pas de famille à prévenir et que de plus il avait bien insisté sur le fait qu'il vous être le premier au courant des problèmes de santé de sa frangine.
Il poussa un soupir de soulagement en apercevant le visage paisiblement endormi de sa sœur et prit la décision de s'asseoir sans un bruit à son chevet en attendant qu'elle se réveille comme à l'accoutumée. Qu'importe si elle dormait encore des heures, il voulait être là lorsqu'elle ouvrirait enfin ses grands yeux rubis sur le monde et personne ne pourrait le faire bouger jusque-là. Admirer la figure singulière de sa précieuse Mirage lui suffisait amplement à calmer son impatience. Instantanément son esprit s'était apaisé et un sourire incroyablement tendre s'était dessiné sur ses lèvres tandis qu'il la regardait avec un air doux et protecteur.
Quand il eut contemplé pendant une dizaine de minutes sa princesse, il tourna la tête vers la fenêtre et observa un moment la pluie tomber puis son attention revint à la jeune fille. Avec une délicatesse insoupçonnée pour une brute de son âge, il effleura du bout des doigts la peau soyeuse de ses joues presque sans couleur et se saisit d'une de ses mains, la serrant à peine pour ne pas troubler son sommeil.
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MessagePosté le: Mar 8 Fév 2011 - 22:16    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

Ambiance
(D'Aleeex! comme pour la précédente)
 
Je tirais la couverture blanche et soyeuse vers moi, de manière à couvrir la totalité de mon corps avec. Les courants d'air semblaient venir de nulle part. J'avais pourtant soigneusement fermé les fenêtres, sachant qu'il allait faire très froid ce soir. Je ne comprenais pas comment on pouvait être à ce point frileuse ... Je portais constamment des vêtements épais, même en été. Et ce que je détestais le plus, c'était geler toute seule, abandonnée par tous ceux que j'aimais. Le bruit glauque des gouttes sur les vitres m'empêchait de tomber dans les bras de Morphée. J'adorais les regarder tomber, s'unir, se quitter, se transformer. L'eau me fascinait. Son aptitude à prendre la forme de n'importe quel récipient. Sa possibilité d'aider, mais aussi de détruire. D'offrir la vie, et de l'anéantir. J'aurais tellement aimé pouvoir être comme l'eau. Mais j'étais trop obstinée, trop faible, trop chaotique. Je devais changer.

L'absence de Grand Frère me tracassait ... Il m'avait juré de revenir avant vingt heure. Je l'ai spécialement embêté avant qu'il ne sorte pour me le promettre. Cependant, il m'a encore laissée tomber. Inquiète pour cet être précipité par la réalité rancunière, mais aussi frustrée, je m'enfonçais dans le matelas mou, prête à m'endormir. Mais une autre personne me hantaient ... Maman.

I can almost, hear you.
Hear you crying.
Momma you are killing yourself.
Momma what can I do ?
 

Pourquoi, Maman ? Pourquoi nous avoir quitté ? Était-ce réellement ce que tu voulais ? Je ne pouvais m'empêcher de penser que ce n'était peut-être pas un suicide ... Après tout, qu'est-ce qui prouve que ce n'était pas Père t'a fait ça ? Je le déteste. Je déteste Père ! Je veux qu'il parte pour toujours ! J'en ai assez de ses coups, de ses hurlements, de son regard d'alcoolique omniprésent. Il a toujours cultivé un immense plaisir pour la violence. D'un côté, je n'ai pas remarqué de blessure fraîche sur ta peau le matin de ton départ, mais ton corps entier était dans un état si affreux que les nouvelles ecchymoses se mélangeaient aux anciennes. J'étais tellement perdue que je n'arrivais pas à réfléchir normalement. J'aurais pourtant du inspecter plus minutieusement ! Peut-être aurais-je découvert des preuves contre Père. Je déteste Père. Je déteste la Justice paradoxale de cet endroit.

Le paysage devenait de plus en plus flou, lointain. Je me sentais doucement partir vers le Monde du Rêve. Un monde où Grand Frère est toujours là avec moi, où il ne fait jamais de bêtises, où il ne se met jamais en danger. Un monde où Maman est en vie, heureuse et épanouie. Un monde où Père n'existe pas. Un monde parfait. Mais les rêves sont trompeurs, me chuchote mon cerveau. Il me dit que c'est impossible, car sans Père nous ne seront jamais là avec Grand Frère. Je n'y crois pas ! Il doit y avoir une solution ! S'il a un jour existé, ce n'est pas pour toujours n'est-ce pas ? Pourquoi Maman est partie avant lui ? Il ne sert à rien ! Je veux qu'il disparaisse à tout jamais ! J'exige qu'il meurt ! J'entends ses pas lourds et maladroits dans le salon. Il a encore bu, comme toujours. Il vient dans ma chambre. Il veut  me frapper pour déchaîner sa colère. Mais cette fois, il ne réussira pas ! Je me cache tous les jours, trop apeurée à l'idée qu'il vienne de frapper. Cette fois, je resterais ici. Mon souffle est haché, la sueur perle mon front, mes mains écrasent la couverture. La pluie m'encourage, augmentant son rythme comme jamais auparavant. Mon regard est décidé, je suis prête à l'affronter.

Le monstre entre. Je vois son visage rouge, son regard vide, ses vêtements tâchés et déchirés. Il s'approche de moi en titubant. Il a l'air d'essayer de prononcer des mots dépourvus de logique:

- Où est ton frère ? hurla-t-il sèchement
- Je ne sais pas où il est !

A ce moment-là, il attrapa ma chemise de nuit et se mit à m'agiter dans tous les sens, de manière à ce que ma tête cogne le mur.

- Menteuse ! Tu mens à ton propre père, gamine sauvage ! Avoues et il t'arrivera rien !

Je sentais que j'allais abandonner. Les larmes coulaient de mes yeux malgré ma volonté. Les battements de mon cœur s'accéléraient. Je perdais le contrôle. J'allais de nouveau sombrer. Je ne voulais pas sombrer.

- Laisses-moi ! le suppliais-je

Je fermais les yeux pendant une courte seconde pour reprendre mon souffle, et les rouvrais pour le voir me caresser la joue, et me tenir la main délicatement. Je ne comprenais pas. Son visage avait l'air nettement plus jeune, plus frais, plus beau. Il avait perdu tous ses défauts. Mais il restait la même ordure, avec un visage magnifique ou sans ! Je me débattais et répétais les mêmes phrases constamment. Mes yeux étaient pleins d'effroi, je voulais à tout prix qu'il parte.

- Vas-t-en Papa ! Vas-t-en ! S'il te plait ...



 

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MessagePosté le: Ven 11 Fév 2011 - 02:18    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

Un spasme. Les doigts fins et blancs de Mirage qui se renfermaient sur le sien avec une brutalité inhabituelle. Le corps fin et délicat qui se contorsionnait soudainement, comme sous la pulsation de milliers d'électrochocs violents. L'électricité qui semblait directement secouer cet être aimé vint se ficher directement dans l'âme du jeune homme qui sursauta sous la violence du moment, voyant les yeux de sa sœur s'ouvrir pour y découvrir un regard déchiré par l'effroi et la colère. Et la peur qui se lisait dans le rouge sang de ses pupilles infecta immédiatement le cœur de l'Hukai. Il voulut ouvrir la bouche, lui hurler de se calmer, la supplier de reprendre ses esprits quand il réalisa que jamais il n'avait vu pareil regard chez sa sœur, hormis quand son diable de père s'en prenait à elle.

- Vas-t-en Papa ! Vas-t-en ! S'il te plait ...
Répétait-elle de façon saccadée, maladive en se débattant dans tous les sens. Par réflexe, il avait saisi ses poignets si fragiles pour la plaquer contre le mur, empêcher son corps de se déchirer sous les tremblements qui l'agitait. Mais rien ne pouvait effacer la façon dont elle le dévisageait avec un dégoût qu'il ne pouvait supporter.
Papa... Papa... Les mots résonnaient dans sa tête comme des martèlements de tambour. C'était comme si elle le frappait par chacune de ses paroles. Il mit un temps à comprendre.
Son emprise se resserra, son visage se déforma en une grimace d'horreur et de tristesse. Papa... Papa...
Papa... C'est moi Papa...
Il grinça des dents, son cœur taillé entre la tristesse, la colère et la folie et cherchant désespérément sur qui passer ce violent flot d'émotions qui l'envahissait. S'en vouloir ? En vouloir à elle ? Ou bien au démon qu'elle invoquait ?
Je ne suis pas Papa... Je ne suis pas comme lui ! Souhaitait-il lui dire, mais il était pétrifié. Il la regardait se démener, crier, animée par une démence qu'il aurait préféré ne pas comprendre.
Son propre esprit le perdit. Je suis Papa... Je ne le suis pas. Pas... Papa... Pas pa. Pas pas... Un labyrinthe de sons, d'hurlements puissants et pourtant incompréhensibles. Une voix qui lui chuchoter de ne pas succomber à la folie, l'autre qui se moquait de lui.
Papa... Maman... Oh maman... Pourquoi tu ne m'aimes plus dis ? Impossible de ne pas faire la comparaison avec sa pauvre mère qui ne faisait plus la différence entre le fils qui cherchait à l'aider et le mari qui voulait la cogner. Il voulait pleurer, hurler son désespoir et sa souffrance maintenant qu'il constatait le rejet conscient ou pas de celle qui était sa raison de vivre. Mais les mots s'entrechoquaient, se bloquaient dans sa gorge sans en vouloir en sortir, l'étouffant dans un mutisme grossier. Les larmes ne coulaient pas, ses yeux perdus dans un regard confus, fou. Il voulait également partir, fuir cette scène horrible qui fusillait le peu d'amour-propre et de clarté d'esprit qu'il avait encore, fuir cette Mirage folle qui le tuait mentalement en lui imposant ce regard pitoyable. Mais il n'en avait pas la force, pas la volonté. Quand bien même elle le repoussait, il ne pouvait se soustraire à elle.
Comment réagir ? Que faire quand la seule personne qu'on chérit au monde vous confond avec le monstre sanguinaire qui vous poursuit, vous hante sans cesse et vous menace à tout bout de champ de vous faire couler dans les limbes sombres de la divagation ? Si sa propre sœur ne voyait plus en lui que son père, alors c'était peut-être qu'il l'était vraiment. Et s'il l'était vraiment, en toute logique, il devrait la battre. Toutefois, il ne pouvait se résoudre à la lâcher et même si une partie de lui voulait la frapper, pour qu'elle s'arrête, pour lui donner une véritable raison de le confondre avec père, l'autre, celle qui l'idolâtrait dans un amour sans bornes et était incapable de lever la main sur elle, était encore plus forte. Et l'espace d'un instant, elle réussit à prendre le dessus, forçant le Pique à lâcher la jeune fille, laissant de grosses marques rouges sur sa peau livide. Dans une tentative désespérée de faire revenir la douce Mirage qu'il aimait tant, il la prit dans ses bras, l'enlaçant avec une force à peine contenue pour l'empêcher de bouger et surtout pour ne plus voir son visage tourmenté par l'horreur. Rassemblant tout son courage, il articula d'une voix aussi tremblante que le reste de son corps :

- Je suis là Mimi... Je suis là... N'aie pas peur.
Et pourtant paradoxalement, il la serrait si fort qu'il pouvait presque lui briser les côtes. Il s'accrochait à elle comme il s'accrochait à l'espoir de ne pas la perdre, de ne plus se perdre dans cette folie commune qu'ils avaient contracté et qu'elle venait de réveiller.
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MessagePosté le: Sam 12 Fév 2011 - 00:29    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

Ambiance
       

J'étais stupide de croire que je pouvais rivaliser avec sa force surhumaine. C'était un Youkai, et je n'étais qu'une humaine fragile et anémique, incapable de courir cinq mètres sans arriver à l'hôpital. Il saisit mes poignets pour me plaquer contre le mur, m'empêchant de fuir. Mais tout à coup, je sentis une étrange force en moi. C'était comme si j'étais libéré de toute difficulté, comme si je flottais ... Un calme olympien s'empara de moi, et je vis une lumière aveuglante me montrer le chemin. Mais que se passait-il ? La fenêtre s'ouvrit, laissant entrer une pluie battante qui attaqua nos corps, mais surtout m'offrit la chance de me libérer de l'emprise de cet être malsain ! Malheureusement, ce n'était pas encore fini. Il m'attrapa et me plaqua contre lui, comme s'il voulait m'étrangler. Pire encore, me briser tous les os ! Il n'avait jamais fait cela auparavant. Surprise, je plantais mes ongles, - qui étaient très courts à cause du fait que je jouais du violon -, dans ses épaules avec toute la force que je possédais. J'arrivais à peine à respirer, mes poumons s'enflammaient. Je n'avais jamais remarqué une telle force chez lui. Tenait-il à ce point à me torturer ? Ne pouvait-il pas me tuer une bonne fois pour toutes comme il l'avait fait avec Maman ? Je tentais à tout prix de me décoller de lui, mais je sentais que mon corps ne le supportait pas. J'allais encore perdre connaissance. Mais je ne pouvais pas ! Pas maintenant ! Je ne pouvais pas lui donner cette satisfaction !
   

How  can  you  see  into  my  eyes  like  open  doors  ?
Leading you down into my core where I've become so numb
Without  a  soul,  my  spirit  sleeping  somewhere  cold
Until  you  find  it  there  and  lead  it  back  home   
   

- Je suis là Mimi... Je suis là... N'aie pas peur.

Mais cette voix ... Ce n'était pas la voix de Papa. Je la reconnaissais très bien. Cette douceur mélangée à une masculinité éminente. Une seule personne au monde savait être à ce point chaleureuse. Et une seule personne au monde m'appelait Mimi. Mon Grand Frère. J'arrêtais de gesticuler, et ouvrais les yeux pour observer la pièce dans laquelle on se situait. Ce n'était pas ma chambre. C'était l'infirmerie de l'école ! Papa était déjà mort. Ce n'était qu'un ... souvenir. Un cauchemar qui me hantait chaque nuit. Un maudit mirage qui me suivait partout où j'allais. Le visage ensanglanté de ce démon, ses coups, ses hurlements ... Toutes ces choses qui me traquaient. Et maintenant, j'avais même confondu l'être le plus précieux de mon monde avec lui ? Comme avais-je osé faire une chose pareille ? J'avais tenté de le frapper, je l'avais appelé Papa ... Non, c'était impossible. Mes yeux furent inondés par des larmes qui tombaient généreusement sur la chemise de Grand Frère. Je tremblais à nouveau, pleine d'angoisse et de frustration.
   
   
All this time, I can't believe I couldn't see
Kept in the dark but you were there in front of me
I've been sleeping a thousand years it seems
Got to open my eyes to everything
   

- Grand Frère ... Pardonnes-moi, arrivais-je à articuler entre deux sanglots avec une voix déchirée, à peine audible.

Je répétais sans cesse les mêmes mots. Ce qui venait de m'arriver ... C'était ce "don" dont parlait mon professeur autrefois. C'était à cause de cette horreur que je venais de commettre l'impardonnable.
Je savais très bien à quel point Grand Frère détestait Papa. Je ne pouvais pourtant pas m'empêcher la douleur que j'avais du lui infliger en le confondant avec lui. J'étais donc à ce point stupide ? Je me rappelais Maman, lorsqu'elle le confondait avec Papa ... C'était une chose qui arrivait constamment, et j'en voulais toujours terriblement à Maman. La veille de sa mort, Maman avait faillit avoir une crise cardiaque à la vue de son fils. Elle avait particulièrement peur de Papa, les jours qui précédaient sa mort. Elle avait laissé tomber nos tasses préférées, - celles en porcelaine chinoise -, sous le choc. Grand Frère s'était alors enfermé dans sa chambre, et n'en sortait plus jusqu'à ce que le soleil se couche. La vérité nous blessait tous. Plus Grand Frère grandissait, plus il ressemblait à son père. J'étais pourtant la personne la mieux placée pour connaître la frustration qu'il éprouvait.  Et ce fait me torturait encore plus. Je sanglotais bruyamment, le serrant de toutes mes forces contre moi, ne le laissant surtout pas s'enfuir.S'il venait à me détester ... Il ne pouvait pas me détester ! Il ne pouvait pas me laisser tomber. Pas maintenant !
   
Without thought, without voice, without a soul
Don't let me die here
There must be something more
Bring me to life.

- Ce n'était qu'un cauchemar ... Un cauchemar. Pardonnes-moi, Grand Frère !

   
Mais les mots irritaient ma gorge sèche, plus que de vulgaires murmures sortaient de mes lèvres desséchées. Il devait me pardonner. Il devait oublier.       
   
   

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Dernière édition par Mirage Delacroix le Dim 13 Fév 2011 - 20:51; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 13 Fév 2011 - 18:09    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant


Les ongles de l'adolescente parcouraient frénétiquement les épaules de l'Hukai qui l'immobilisait contre le mur. Mais elle ne les avait pas assez longs pour pouvoir les enfoncer dans la peau de ce dernier. Il sentait son souffle devenir de plus en plus rapide, irrégulier, difficile. Il sentait son cœur s'affoler encore et encore et battre dans un rythme saccadé et désordonné qui résonnait péniblement dans ses oreilles en allant de pair avec ses cris étouffés. Il sentait qu'elle allait bientôt s'évanouir si ce n'était pas pire. Son corps se décrisperait, elle lui lâcherait les épaules, elle se tairait et fermerait ses yeux rubis affolés pour retomber dans un sommeil calme et profond, pour devenir la Mimi qu'il connaissait et qu'il aimait tant et non cette espèce de possédée qui lui rappelait cruellement sa pauvre mère. S'il l'étouffait et bien il l'étoufferait. Tout était bon pour qu'elle s'arrête, pour qu'elle mette un terme à cette crise de folie qui ne faisait que nourrir sa propre démence. Après tout, si elle ne voulait plus d'elle, que lui restait-il ? C'était égoïste, incroyablement égoïste, mais si la seule chose à laquelle il tenait venait à la rejeter, alors cette chose n'avait plus lieu d'être. Si Mirage se perdait dans la même hallucination que celle de sa mère, il préférait la voir s'éteindre plutôt que de vivre dans cette démence qui le rabaissait au même niveau que son père.
Avait-elle raison ? Peut-être qu'après tout, il était son père. Un monstre de sadisme et de violence. N'avait-il pas manqué de tuer Seon ? Pour une cause qui lui échappait en plus. Dans le fond... S'il ressemblait physiquement comme deux gouttes d'eau à son cher paternel, c'était peut-être parce qu'il était destiné à être comme lui. Quelle injustice ! Tout ça pour une foutue histoire de gènes ! Il avait beau essayer et essayer, le fantôme de son père le hantait toujours, le poussant à commettre des actes qu'il ne voulait. Et voilà maintenant qu'il possédait le corps de sa charmante sœur. Était-ce le destin ? Cela signifiait-il qu'il était inutile de se débattre, qu'il n'avait plus qu'à s'abandonner, à sombrer dans le tourbillon de brutalité qui caractérisait son père.
Il doutait. Il ne savait plus. Et cette confusion lui était d'autant plus insupportable que son esprit était divisé en deux parties qui s'affrontaient violemment, l'une cherchant à le faire chuter, l'autre à le ramener à la raison. Son emprise se resserrait comme un étau destructeur sur sa protégée tant chérie.

Mais une sensation nouvelle s'ajouta au mélange de douleur, de trouble, de colère et de tristesse qu'il ressentait. De l'eau coulait désormais sur son T-Shirt et le petit corps qu'il serrait avec force s'agitait encore plus, secoué par d'énormes sanglots.

- Grand Frère ... Pardonnes-moi.
La voix déchirée de sa petite sœur le ramena à l'insipide réalité.
Trop c'était trop. Tout mais pas ça. Il réalisa soudainement qu'il la tenait bien trop fort. Que se passe-t-il ? Pleure-t-elle à cause de moi ? Est-ce moi qui lui ai fait mal ? Non, non, non, Mirage. Tu peux me haïr, me détester, me frapper mais ne pleure pas à cause de moi.
Alexandre desserra son étreinte sans oser y mettre totalement un terme. Il avait peur. Peur de voir les magnifiques yeux de Mirage souillés par les larmes qu'il pensait avoir lui-même créé.
Il voulait lui aussi pleurer, mais il n'en avait pas le droit. Il refusait. Il devait rester fort. Rester le grand frère sur qui elle pouvait compter. Il voulait lui dire de se calmer, de ne pas pleurer, que ce n'était pas grave.

- Ce n'était qu'un cauchemar ... Un cauchemar. Pardonnes-moi, Grand Frère !

Il aurait souhaité la pardonner, lui rappeler qu'il l'adorait, qu'il lui pardonnerait toujours mais il ne s'en sentait pas capable pour le moment.
- Ne t'inquiètes pas... Je suis là maintenant... Tout va bien...
Se contenta-t-il alors de répéter d'une voix monocorde, rauque qu'il avait volontairement dénué d'expressions pour ne pas se laisser aller dans un flot de larmes. Mais cela ne suffit pas. Il sentait ses yeux s'humidifier.
Alors il relâcha doucement Mirage, redressa et passa une main sur son visage pour en essuyer l'humidité. Il recueillit doucement les mains de sa douce sœur entre les siennes, cherchant toujours à la garder, et tourna la tête, fuyant le regard par peur de croiser celui de la jeune fille. Il ne voulait pas qu'il y voit sa faiblesse, ce mixte de culpabilité, de déception et d'effroi qui faisait tristement briller ses propres yeux couleur sang.
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MessagePosté le: Dim 20 Fév 2011 - 03:40    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

If you follow me, you will only get lost.

Tout à coup, la jeune fille observa une violente douleur aux muscles ... C'était comme si quelqu'un en avait fait de la bouillie pour voir si elle y survivrait ... Mais ce jeu machiavélique que la petite s'imaginait n'était pas réel, n'est-ce pas ? Est-ce que la force qu'elle avait ressentie en pensant à son père était réelle, elle ? Est-ce que Alexandre venait vraiment de provoquer une telle souffrance dans la totalité de son corps ? Pourquoi le ferait-il ? Que se passait-il vraiment ? Où se finissait le cauchemar, et où commençait la réalité ? Ces deux unités essentielles de notre vie se mélangeaient si bien entre elles, empêchant la petite Mira de comprendre la situation.

- Ne t'inquiètes pas... Je suis là maintenant... Tout va bien... lui répétait-il.

Mais les paroles qui sortaient de sa bouche paraissaient être des mensonges malsains, des mensonges qui les blessaient par leur pureté et leur incertitude. Ils se mentaient mutuellement pour cacher leur effroi et leur frustration. Pour dissimuler cette vérité hostile et cynique que leur avait préparé le destin. Alors il relâcha lentement sa petite sœur, pour saisir délicatement ses mains. Il fuyait son regard. Et, derrière ces larmes qui, comme d'habitude, perlaient généreusement ses joues rondes, elle sourit. D'un sourire enfantin, d'un sourire qui voulait tout dire. Alexandre avait toujours eu honte de ses "faiblesses". Mais était-ce une faiblesse, que de pleurer lorsqu'une sœur égoïste et puérile venait de vous traîner dans la boue de cette manière ? Elle voulait le réconforter, le persuader qu'il était le meilleur frère au monde, le câliner jusqu'à ce qu'il en perde le souffle. Mais tout ce dont elle était capable, c'était de perpétuellement s'excuser. Elle ne servait à rien. Elle n'était qu'un poids mort pour lui. Elle inspecta alors doucement la poche de sa jupe, et en sortit son mouchoir de dentelles blanc. Timidement, elle s'agenouilla sur les draps blancs, s'approchant de cette manière du visage captivant de son Grand Frère. Elle voulait éliminer tout sentiment importun de son âme. Il baignait déjà dans son inquiétude, et ça ne faisait que la dévorer davantage ...

Save me from the ones that haunt me in the night
I can't live with myself, so stay with me tonight
Don't go, I can't do this on my own
    

Elle ne voulait pas qu'il l'évite, qu'il ne veuille pas lui montrer ses véritables sentiments ... Était-elle égoïste ? Probablement. Toutefois, cet amour qui émergeait de son cœur ne pouvait pas reculer devant ce visage triste. Il était très rare de voir Alexandre dans un état pareil ... En y réfléchissant, c'était la première fois que ça arrivait, depuis qu'ils étaient ici. Tout en fixant ses yeux écarlates, elle lui murmura:

- Maman disait toujours ... Elle laissa échapper quelques sanglots avant de continuer. Maman disait toujours que l'on ne doit pas avoir peur de montrer nos sentiments. Son regard se dirigea vers la fenêtre torturée par une pluie incessante. Si tu me hais, si je suis l'instrument qui a fait naître tes larmes ... Elle essuya ses larmes avec la plus grande délicate dont elle était capable, en plantant de nouveau son regard dans le sien. ... Frappes-moi. Détruis-moi. Blesses-moi ...
Mais ne m'évites pas. Elle plaça sa tête sous son menton, et continua en pleurant, avec un ton beaucoup moins clair et décidé. Ne m'évites pas, s'il te plait ... Ne m'évites pas ...  
 
 
 

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MessagePosté le: Mar 22 Fév 2011 - 17:53    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant


Il ne pouvait pas lui échapper. Il ne pouvait détourner son regard du sien. Cette lueur écarlate qui brillait doucement au sein de ses pupilles réchauffait son cœur et l'attirait inexorablement à elle. Tenter de la fuir était vain. D'autant plus, qu'il sentit ses mains blanches glisser le long des siennes pour s'approcher de son visage. Avec un morceau de tissu, elle essuya les quelques gouttes qu'il n'avait pas pu retenir, le tournant doucement à elle.
Alexandre eut honte. Honte de sa propre faiblesse. Comment pouvait-il de pleurer en silence dans sa protégée, lui le grand frère, celui qui devait se montrer fort pour l'aider à surmonter les épreuves de la vie ? Lui qui devait la soutenir sur le long chemin de leur existence ? Il déglutit péniblement, tentant de ravaler ses larmes dans sa gorge qui était nouée par l'émotion. Un sourire forcé apparut sur les lèvres de l'Hukai qui se laissait docilement consoler. Mais il détournait encore le regard, cherchant vainement à s'esquiver de la fascinante emprise des yeux de Mirage. Il savait que si jamais leurs regards s'entrecroisaient, il finirait par craquer.
Mais le pouvoir qu'elle avait sur lui, était trop fort et il céda, plongeant dans l'océan écarlate de son captivant regard. Et ce fut trop pour lui. Toute la culpabilité, la peur et la souffrance qu'il retenait à présent fut lâchée sous forme d'épaisses gouttes d'eau qui se mirent à ruisseler le long de ses joues, le long des mains fines qui le retenait. Ses mains se crispèrent sur le drap blanc du lit et il se sentit tout bonnement misérable. C'était lui qui avait fait pleurer Mirage, alors pourquoi pleurait-il ?

- Maman disait toujours ... Maman disait toujours que l'on ne doit pas avoir peur de montrer nos sentiments.

L'espace d'un instant, il se sentit soulagé de voir qu'elle le délivrait de son emprise en tournant son merveilleux visage vers la fenêtre. Mais dans l'instant qui suivit, le regard doux qui avait fait tomber les chaînes de son cœur meurtri lui manquait déjà. Et le mot « Maman » résonnait douloureusement à ses oreilles.
- Si tu me hais, si je suis l'instrument qui a fait naître tes larmes ... Frappes-moi. Détruis-moi. Blesses-moi ... Mais ne m'évites pas. Elle avait replanté son regard dans le sien comme elle aurait planté un coup de couteau dans sa poitrine. Mais comme toutes les fois où il pouvait admirer le rouge mirifique de ses yeux, ce fut pour lui un nouveau soulagement de plus que de retrouver ce regard si doux et pourtant si torturé. Alors qu'il venait d'éclater en sanglots, il se sentit apaisé, car de nouveau il retrouvait le désir de faire danser de joie la faible flamme qui illuminait ses yeux.
La petite tête de Mirage se glissa sous son menton pour pleurer en continuant : Ne m'évites pas, s'il te plait ... Ne m'évites pas ...
Le regard de sa sœur lui avait redonné du courage, mais ses paroles ne faisaient qu'abattre la volonté qu'il venait de retrouver. Il était si confus.

Ce fut d'abord une voix rauque qui sortit de la bouche sèche du jeune homme :
- Ne me parle pas de Maman.
Peut-être qu'elle ne s'en rendait pas compte, peut-être avait-elle oublié, mais c'était trop difficile pour lui de parler de Maman, sûrement plus que de son père. Car Maman, il était sûr de l'aimer et il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable vis-à-vis de sa mort. Si seulement il n'était pas sorti cette nuit-là... Si seulement il était revenu plus tôt... Alors il aurait pu tout empêcher. Il prenait toutes les responsabilités sur lui. Il n'avait jamais été capable de protéger sa pauvre mère car elle le rejetait et car il n'avait pas eu la force de défendre et sa génitrice et sa sœur. Mais Maman pour lui était tout... Sauf un modèle. Il se fichait éperdument de ce qu'avait pu dire sa pauvre mère qui lui attirait autant de pitié et de dégout que d'affection. Et tandis que lui grandissait sur les traces de son père, il avait le mauvais sentiment, qu'elle grandissait sur celles sa mère. Il exécrait cette idée d'une Mirage qui puisse devenir un jour aussi faible et brisée que sa mère.
La tête lui tournait. Aussi égoïste que cela semblait, il voulait partir. Le plus vite possible. S'enfermer dans sa chambre pour ne plus en ressortir, pour refaire le point tranquillement et prendre le temps de reconstituer ce masque de froideur et d'impassibilité derrière lequel il s'était réfugié, d'enfermer tout ce qu'il pouvait ressentir au fin fond de son âme. Mais il s'interdisait de le faire, de laisser Mirage à elle-même quand il avait besoin de lui. Toutefois, une idée nouvelle avait naquis dans son esprit, une idée dangereuse qui menaçait de s'étendre s'il ne la contenait pas vite : Et si Mirage n'était qu'une illusion de plus ? Si au lieu de l'aider à guérir, elle l'entrainer plus profond dans les abimes de sa folie ? Ne l'avait-elle pas confondu avec son père ? Et si... pour tout oublier... pour se remettre il devait la quitter ? Se délivrer de cet amour qui le blessait peut-être plus qui le soutenait ?
Ses propres pensées l'effrayèrent et il se mit à caresser doucement les longs cheveux d'un blanc sans imperfections de sa sœur en chassant ces suppositions pernicieuses qui venaient de s'immiscer dans son esprit.

- Tu te souviens de ce que je t'ai promis ? Je ne te quitterais pas, je ne t'abandonnerais pas. Jamais.
Il se pencha doucement pour déposer un baiser sur le front de sa tendre sœur. Je t'ai mille fois répété que je tuerais quiconque essayera de te faire du mal. Alors si je lève la main sur toi, je devrais me la couper ensuite.
Inspirer, expirer, se concentrer sur ses paroles. Ne pas lui laisser paraître son doute. Sourire chaleureusement. Il s'était déjà trop laissé aller devant sa sœur. Il souleva délicatement le menton de Mirage pour pouvoir la regarder à nouveau et reprendre un peu de courage à travers ses yeux mouillés par les larmes.
- Je... Il ne restait qu'un gamin paumé, à genoux devant cette adolescente si adorée. Je suis ton grand frère. Je ne suis là que pour toi. Je ne peux pas t'éviter.
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MessagePosté le: Jeu 3 Mar 2011 - 00:17    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant


La petite ne bougea pas d'un pouce, obstinée, mais surtout triste par le fait que sa demande ne se réalisera jamais. Elle le savait, elle savait que son frère était fatiguée par ses caprices et par les souvenirs qu'elle lui rappelait. Le même phénomène surgissait dans son cœur, lorsqu'elle voyait ce visage si semblable à celui de son père. Mais elle refusait d'y penser. Elle s'imaginait probablement qu'en arrêtant d'y penser, le problème disparaîtra. Elle faisait la même chose avec absolument chaque difficulté qui avait le courage d'apparaître dans sa courte vie
.

- Ne me parle pas de Maman.

Elle leva la tête pour observer le visage de son frère, choquée par ses paroles. Après avoir à peine cessé de pleurer , Mira affiche de nouvelles tristesses sur la toile de son âme: son visage. Des larmes naissent bientôt dans ses yeux gigantesques, coulent le long de ses paumes, meurent sur le tissu blanc. Elle se tait, baisse les yeux. Elle ne comprend pas. Elle ne veut pas comprendre. Le corps blafard de sa mère, pendue dans la cuisine, revient dans sa tête, pour la hanter une fois encore. Son enterrement refait surface dans les pensées d'une gamine triste et brisée.

-
    
Je faisais quelques pas incertains en avant, nonobstant mon état psychique en morceaux. Je devais le faire, je devais lancer ce stupide échantillon de terre sur sa tombe. Mais je n'en avais pas la force, ni l'envie. Elle ne m'a pas demandé mon avis lorsqu'elle s'est suicidé. Je n'étais pas d'accord. Je ne suis pas d'accord. Je refuse de lui dire adieu, alors qu'elle m'a uniquement déposé un léger baiser sur le front avant d'aller me coucher, la veille de sa mort, probablement en signe d'adieu. Comment ose-t-elle partir de notre vie, abandonner toutes ces choses auxquelles elle croyait ? Et surtout, comment ose cet être misérable se présenter à ses funérailles ? C'est lui qui l'a tué. C'est lui qui devrait être dans cette tombe, pas elle ! Je le jauge doucement, avec le regard le plus sombre que je possède.

I'm coming up  only to  hold you under
I'm coming up only to show you wrong

 
Ce monstre nous a réveillé très tôt le matin, pour nous demander de nous lever et  de nous habiller "convenablement" pour l'enterrement. Mais je ne voulais pas, il m'y a obligé ! Je voulais rester dans ma chambre, ne jamais devoir faire quoique ce soit d'autre. Il savait bien que c'était à cause de lui que Maman s'est suicidée. Il savait aussi que l'on était les seuls à le savoir. Au fond, je savais que je ne pourrais jamais lui pardonner. Je savais que, quoiqu'il fasse, il sera toujours un déchet à mes yeux. Et pourtant, il voulait à tout prix organiser des funérailles dignes de notre maison. Peut-être voulait-il masquer le suicide de notre mère avec du luxe irréel et l'image d'une famille irréprochable. Il m'a spécialement achetée une robe noire à dentelles pour l'occasion. Le premier vêtement qu'il m'a offert. Je la déteste, elle me rappelle celles que Maman avait l'habitude de porter.

And to know you is hard and we wonder
To  know  you  all  wrong,  we  were
     
Je suis donc là, devant la tombe de ma mère, à porter une robe qui ressemble dangereusement aux siennes, incapable de lui dire adieu, serrant quelques miettes de terre dans ma main gauche, examinant le vide. J'entends mon père me demander de me dépêcher. J'avance. Mais cette action m'est impossible. Je titube. Tombe juste devant Maman. Encore une fois, je m'évade. Ferme les yeux. Brise la volonté de mon père. Inquiète mon frère. Réalise l'unique chose dont je suis capable.

 
-
    
- Tu te souviens de ce que je t'ai promis ? Je ne te quitterais pas, je ne t'abandonnerais pas. Jamais.

Ses tendres paroles arrachait la petite de ce gouffre de souvenirs qu'elle rêvait d'effacer. Il déposa un baiser sur son front, chose qu'avait fait sa mère avant de se suicider. Elle observa les yeux écarlates d'Alexandre. Contenaient-ils la même expression que ceux de sa mère ? Elle avait peur de le découvrir. Après tout, le livre qu'elle avait pêché à la bibliothèque sommeillait toujours au fond de son sac, près de la table de chevet.

- Je t'ai mille fois répété que je tuerais quiconque essayera de te faire du mal. Alors si je lève la main sur toi, je devrais me la couper ensuite.
 
Non, il n'allait pas l'abandonner. Il le lui avait juré. Ils ne se quitteront jamais, elle en était certaine.

- Et je ferais de même ...

Il souleva son menton pour la regarder, ce qui ne faisait qu'hypnotisant la petite encore plus.
 

- Je... Je suis ton grand frère. Je ne suis là que pour toi. Je ne peux pas t'éviter.

Naïve petite, elle buvait chacune de ses paroles. Elle écrasait les pensées qui avaient visité sa tête pendant un court instant, se blottissant contre lui pendant quelques secondes. Ce n'était pas Papa. Ce n'était pas Maman. Il n'allait pas la blesser. Il n'allait pas l'abandonner. Il était Grand Frère. Il n'était là que pour elle.

- Dis Grand Frère ... Tu ne saurais pas par hasard où se trouve l'infirmière ? Elle n'a pas dit que mon état s'était détérioré, non ? Je me suis juste évanouie, c'est ça ? 
 

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MessagePosté le: Jeu 10 Mar 2011 - 14:06    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix] Répondre en citant

- Et je ferais de même ...

Il restait pensif quant à cette affirmation. Mirage, ma Mirage, resteras-tu toujours la même ? C'est à peine si tu entres dans l'âge de l'adolescence. Tu me confonds déjà avec mon père comme le faisait Maman. Et tu vas continuer à grandir, à t'embellir. Qu'est-ce qui me garantit que tu ne partiras pas avec un autre plus tard ? Il avait déjà du mal à la garder près de lui, à la conserver pour lui seul en faisait fuir tout ceux qui tentaient de l'approcher avec comme prétexte sa protection. Mais un jour, il se doutait qu'elle essayerait de gagner elle-même son indépendance. Sa petite Mirage, si fragile et si craintive ne resterait pas toujours la gamine adorable qui se cachait derrière son caïd de grand frère. Plus tard, elle deviendrait une magnifique jeune femme et il n'aurait plus aucun droit sur elle. Pourtant, il s'était toujours obstiné à refuser cette hypothèse qui lui paraissait insoutenable. Jamais, ô grand jamais il ne lâcherait sa frangine adorée et surtout pas pour qu'elle puisse donner son amour à un autre, mais il lui fallait bien se résoudre à cette idée fatidique.
Et maintenant qu'il réalisait que leur relation leur était peut-être nocive à tout les deux, il commençait à sérieusement s'interroger sur le comportement à adopter vis-à-vis de Mirage. Devait-il simplement tout oublier ou s'adapter en conséquences ? Il aurait voulu faire comme si rien ne s'était passé et continuer à chérir Mirage comme la prunelle de ses yeux mais il ne pouvait s'empêcher de douter sur l'amour qu'il lui portait.

- Dis Grand Frère ... Tu ne saurais pas par hasard où se trouve l'infirmière ? Elle n'a pas dit que mon état s'était détérioré, non ? Je me suis juste évanouie, c'est ça ?


Alexandre détacha son regard de celui de sa sœur et se tourna vers la fenêtre pour dissimuler son air devenu soudainement pensif.

- Elle doit être dans le coin. Tu veux que je l'appelle ?


Avec délicatesse, il mit fin à leur étreinte en la décollant de son torse pour revenir à ses mains et les reprendre dans les siennes. Ses petites mains si douces qui n'avaient sûrement jamais fait de mal à personne. Pas comme les siennes. Fixant avec une certaine fascination les doigts fins et délicats de la jeune enfant, il reprit :

- Elle n'a rien dit de spécial. C'était juste une crise habituelle.


Mirage avait la santé fragile et c'était peut-être pour cela qu'il était si protecteur avec elle. Comment pouvait-il l'imaginer elle, si naïve, si pure, se défendre seule contre les crasses de la vie ? Comment aurait-elle pu salir ses jolies mains ? Et même si elle avait pu, il ne voulait pas qu'elle le fasse. En la cachant au monde, en tentant de la protéger à tout prix, il se l'appropriait, il s'assurait de la conserver près de lui.

- Tu devrais te reposer. Je vais te laisser dormir un peu.
Murmura-t-il avant de se lever. Il fit mine de partir puis se souvint de quelque chose. Passant une main dans ses poches, il sortit une fine chaîne en argent sur laquelle était accroché une sorte d'amulette : une bulle de verre avec, en son milieu, une sorte de petite étoile multicolore taillée dans le bout de l'aile de la reine papillon qu'il avait tué au cours de sa dernière mission. Sans dire un mot, il se baissa pour la passer au poignet de Mirage et sourit. Pile la bonne taille. Ça lui allait comme un gant. C'était comme s'il la connaissait par cœur. Physiquement aussi bien que mentalement.

- Prends soin de toi, je repasserais plus tard ma Mimi. Promis.

L'Hukai déposa alors un baiser sur le front de sa sœur, ramassa son sac et s'éclipsa discrètement non sans se retourner une dernière fois pour lui adresser un signe de la main.
S'il paraissait plutôt serein, son esprit était en pleine ébullition, toujours perturbé par les paroles de sa jeune sœur. Il avait le mauvais pressentiment que plus jamais, il ne pourrait regarder Mirage sans repenser à sa mère après cet événement. Et il était certain que, malgré lui, cela changerait sûrement son attitude et ses sentiments à son égard.

Pardon c'est pourriiiiii, gnihihihi :3
Topic terminé pour moi \ô/

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:35    Sujet du message: [Terminé] Cauchemars et mirages infernaux [PV Alexandre Delacroix]

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