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Fair Trade [Eve Lewinsky]
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Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Murasaki Suishou | Forum RPG Académie Index du Forum -> Académie Rakishou -> Cafétéria
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Azai Shinji


MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 15:36    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Il existe certaines choses qui sont de notoriété commune au sein de l’académie Rakishou. Ce sont des sortes de pseudo-règles qui, bien qu’absente du règlement de l’académie, étaient suffisamment connues parmi les étudiants pour qu’on ne puisse décemment pas en faire abstraction. La plus connue concernait bien évidemment la cafétéria : absolument tout le monde savait qu’il fallait à tout prix éviter de s’y rendre passé 12H15. La raison était simple : quasiment toutes les classes terminaient leurs cours en même temps et l’ensemble des étudiants se précipitaient alors vers le seul endroit susceptible de remplir leurs estomacs. La cohue qui s’y déroulait chaque jour était probablement aussi célèbre que les altercations entre les classes Cœur et Carreau. Pour Shinji, depuis qu’il avait expérimenté le phénomène lors de sa première semaine à l’académie, il avait fait son maximum pour éviter l’endroit durant l’heure de pointe. En cherchant bien, ce n’était pas trop dur de trouver des solutions : le double petit-déjeuner le matin pour éviter d’avoir à déjeuner le midi, la course effréné lors de la sonnerie de fin des cours pour pouvoir être parmi les premiers arrivés ou le déjeuner au lance-pierre pour peu qu’on attente que le rush soit terminé. On pouvait également se préparer un petit sandwich pour éviter d’avoir à se rendre au réfectoire, tout simplement. En général, c’était cette solution que Shinji choisissait. Evidemment, il était impossible pour lui de survivre à la mêlée qui se déroulait chaque jour à la cafétéria : comment vouliez-vous faire quand vous ne pouviez même pas regarder ce qui se déroulait autour de vous ? Mais aujourd’hui, les choses étaient différentes.
 
La vérité était que Shinji avait passé une grande partie de la nuit à rattraper son retard scolaire. Et qui dit coucher tard dit difficulté à se réveiller le lendemain matin. Le jeune homme avait raté son réveil et n’avait donc pas eut le temps de se préparer son casse-croûte. Et à présent, s’il ne voulait pas s’évanouir sous le coup de l’inanition, il n’avait pas d’autre choix que d’affronter ses congénères lors d’une de ces scènes d’empoignade qui faisait le charme (du moins en partie) de l’académie. A l’instant même où il mit les pieds dans la salle, il comprit que ses pires craintes étaient en fait bien loin de la réalité. Il n’avait pas besoin de voir ce qui se passait : il lui suffisait de l’entendre ! Le brouhaha, les cris, les plateaux renversés, les bousculades… Un grand moment d’amour et de convivialité, quoi !
A grand renfort de tâtonnement et de coups de coudes, Shinji parvint à récupérer un plateau et des couverts. En ce qui concerne la nourriture, ce fut un peu plus délicat : Shinji ne pouvait voir où étaient les plats et encore moins ce qu’ils contenaient. Sans oublier ses congénères qui ne se gênait pas de le bousculer pour pouvoir constituer leur déjeuner favori. Au final, il dut se résigner à choisir au hasard ce qu’il allait manger. Une fois qu’il parvint à s’extirper de la foule, Shinji se contenta de chercher la première place assise qu’il pourrait trouver. Il ne chercha même pas à faire son difficile, ni même à savoir avec qui il s’asseyait : de toute façon, à une heure pareille, il était impossible de trouver une table vide. Il tâta quelques chaises du pied et s’installa sur la première de disponible sur laquelle il put tomber. Peu importe avec qui il tombait, l’important était de pouvoir se poser quelque part. Il s’affala de tout son poids sur le siège et entreprit d’inspecter à l’odeur ce qu’il avait réussi à fourguer sur son plateau. Visiblement, il avait manqué de chance : il n’avait glané qu’une salade rachitique et deux desserts bien copieux et bien sucrés. En général, le sucre faisait partie de ses petits plaisir, mais en ingérer une telle quantité le midi et sans le moindre plat chaud, ça lui semblait un peu délicat. Il poussa un soupir et tenta de faire abstraction de la délicieuse odeur de viande grillé qui s’échappait des plateaux autour de lui. Peine perdue… N’y tenant plus, il s’adressa à la personne en face de lui.

 
« Excuse-moi. Est-ce que ça te gène si je t’échange un de mes desserts contre un peu de viande. Pas que je sois particulièrement carnivore, mais là, je donnerais tout pour un bon plat chaud. »
 
Viande contre sucre. L’échange n’était pas vraiment équitable, mais avec un peu de chance, il était tombé sur quelqu’un de sympa. Après tout, ça ne coûtait rien d’essayer !
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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 15:36    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 17:16    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖C'était... un autre monde. En même temps, mis à part la taille des bâtiments, il n'y avait pas le moindre point commun entre ici et chez William. J'étais seule chez lui. C'était bien. ici, il y avait trop de monde. Beaucoup trop de monde. Et surtout, des gens bien différents de ce que j'avais put rencontrer jusque là. En même temps, je n'avais rien connu d'autre que mon ghetto et la demeure De Courcy. Il fallait que je parte d'ici. J'avais envie de partir d'ici. J'angoissais carrément, mais il était hors de question que je parte. Je devais rester ici. Mais je devais aussi éviter de blesser quelqu'un, ou de me blesser moi-même. Dans ma chambre, j'avais laissé tomber mes affaires par-terre et avait attendu, fixant mon reflet dans le miroir, que toute trace de haine se soit effacée de mon regard. En fait, j'avais peut-être plus peur de moi que d'eux. Je ne savais pas. Mais dans tous les cas, ce que je savais, c'était que je crevais de faim. Et que j'avais déjà finis mes paquets de bonbons pour le voyage. Je mangeais carrément trop, hein. Bref. Je me regardais encore un peu moment dans la glace, cette fois plutôt soucieuse de mon futur très très proche. Bon allé, c'était l'heure de rentrer dans la danse.

Je m'arrêtai, figée, devant la cafétéria. C'était quoi cette horreur??? Quelqu'un passa à côté de moi, me bousculant au passage. Je lâchai un petit cri de surprise. C'était l'anarchie la plus totale. Un image de l'immense salle à manger de mon tuteur, vide hormis nous deux, me tira un sourire. Je pris une grande inspiration avant de me jeter dans le bain. Ce fus l'apocalypse. Je réussit à ressortir de ce foutoir avec un repas classique, et surtout les larmes aux yeux. Je regrettais Ugombo de tout mon coeur. Ils m'auraient laissé passer ces sauvages, si j'avais été escortée de mon gorille-chéri. Non mais c'était un truc de fou. Même au squat les gens étaient plus calmes et organisés. Bande de sales gosses.

J'essuyais mes larmes d'un revers de main, et regardai ma nourriture. Je n'avais plus très faim, tiens. Cela me déprimais. Ce milieu me déprimait. Tout me déprimais. Mauvaises pensées. Souvenirs. Beurk. Ca m'énervait. Je soupirai et me pris la tête entre les mains, les yeux fermés. C'était sur. C'était nouvelle intégration allait être très certainement plus dur que la précédente. Ici, personne ne se souciait de ce que j'étais. Peut-être que c'était mieux, dans un sens. Mais je me sentais plus seule que jamais. Mon Dieu c'était dur. Ugombo me manquait déjà tellement. Je voulais qu'il soit là. Je priais pour l'avoir auprès de moi le plus vite possible.

On s'assit devant moi, et je sursautais lâchant ma tête pour regarder devant moi. Je rougis instantanément, passant mes mains sur la tête en triturant ma jupe d'uniforme. Je baissais les yeux, ne sachant vraiment pas quoi faire. Je commençais a remuer les pieds, me disant qu'il fallait vraiment que je me décoince. Je finis par relever la tête pour dire quelque chose, même si je n'avais alors pas la moindre idée de quoi, mais, heureusement, il me coupa dans mon élan. Je restais un petit moment figée, encore.

- Ah... Euh, non, non. Pas du tout, j'ai... pas faim.

Je pris mon assiette et la tendis à mon interlocuteur. Euh...  AAAAAAaaaaaaaaaahh!!!!! Mais il est aveugle en plus! Mais je fais comment mouha!!! Les gens avaient l'air très décidé à me mettre dans l'embarras, ce jour-ci. Oui, bon d'accord, ce n'était pas de sa faute, à celui-là. Je posai un peu brusquement l'assiette sur son plateau et récupérai un dessert. Heureusement qu'il était aveugle, vu la chaleur qui se dégageait de mon visage, je devais plus ressembler à une tomate qu'à autre chose.

- Euh, j'ai prit le beignet au chocolat. Je t'ai laissé la tarte aux pommes. Tu préfères l'inverse???
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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 18:30    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

A entendre la voix qui venait de lui répondre, il ne faisait aucun doute que Shinji soit tombé sur un membre du sexe opposé. D’un autre côté, ça ne changeait pas grand-chose : avec un peu de chance, peut-être faisait-elle partie de ces accros du régime qui ne faisait aucune difficulté à se débarrasser de leurs plats les plus lourds. L’important, c’était qu’elle avait accepté la proposition de Shinji. Le jeune homme eut un sourire soulagé et commença à tendre les mains pour récupérer l’assiette (techniquement, il s’agissait davantage de réceptionner l’assiette lorsqu’elle arriverait au niveau de ses mains), mais son interlocutrice fut plus rapide. Un bruit sourd indiqua qu’elle l’avait posé sur le plateau de Shinji avec une délicatesse pour le moins discutable. Bah… Au moins, l’intention y était ! Il la laissa choisir son dessert, mais ne put s’empêcher de remarquer une certaine tension dans la voix de la jeune fille. Au début, il ne comprit pas ce qui provoquait cette gêne, mais cela ne dura pas plus d’une seconde. Si lui s’était habitué à sa condition, ce n’était pas le cas de tous les autres. Oui, la cécité pouvait choquer quand on ne s’y attendait pas. Et bien que Shinji ne désire rien de plus qu’être considéré comme n’importe lequel de ses camarades de Rakishou, il fallait bien reconnaître que pour beaucoup de personne, c’était plus facile à dire qu’à faire. Dans tous les cas, la priorité était de décoincer la situation : que cela lui plaise ou non, c’était Shinji qui avait mis sa condisciple dans l’embarras : la moindre des choses était au moins de calmer le jeu.
 
« Franchement, prends ce qui te plaît. Je ne suis pas très difficile en ce qui concerne les desserts. C’est déjà gentil d’accepter ce petit troc. Merci ! »
 
Il avait pris soin de parler avec un ton parfaitement détaché. Si lui aussi se montrait crispé, on pouvait considérer que tout était d’ores et déjà fichu. Et Shinji n’avait aucune envie qu’un geste aussi sympathique ne devienne le prétexte d’une situation bien peu agréable. Il fit comme s’il n’avait rien remarqué et se contenta d’entamer sa côtelette (en ignorant royalement sa salade au passage). Il lui fallut juste quelques secondes afin de bien repérer l’emplacement de la tranche de viande, mais par la suite, il la découpa avec une dextérité qu’on pouvait s’étonner de trouver chez un non-voyant. Qu’à cela ne tienne, Shinji avala une première bouchée avec un appétit honorable. Le gout de la viande dans sa bouche lui arrache un sourire de contentement. C’était vraiment délicieux ! Il prit tout de même le temps de maintenir le dialogue.
 
« Tu es sûre de ne pas en vouloir ? C’est rater quelque chose, crois-moi. Et puis, ça me fait mal de te prendre tout ça en échange d’un simple beignet. Tu es certaine de ne pas vouloir partager ? »
 
Le plus important dans des situations comme celle-ci, c’était d’obliger la conversation à se poursuivre. Le dialogue était un outil formidable qui pouvait aider tout le monde à se détendre. L’important, c’était que Shinji montre que derrière des yeux qui ne fonctionnaient plus, il n’était rien de plus qu’un étudiant comme tous les autres. C’était ce qu’il était venu se prouver, c’était ce pourquoi il se battait !
 
« Il ne me semble pas avoir eu le plaisir d’entendre le son de ta voix, par le passé. Nouvelle arrivante ? »
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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 19:30    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Ouéééééé.... t'as vu t'es pas morte, il t'as pas sauté à la gorge... tssssss.... stupid girl, va! Oui, bon bah je pouvais toujours me dire tout ce que je voulais je n'en étais pas spécialement plus rassurée pour autant. 'fin "rassurée" n'était pas tout à fait le bon mot, mais je n'en voyais pas trop d'autre en fait. Mais peu importait, j'étais au moins un peu plus sereine seconde après seconde. Il m'avait l'air beaucoup plus civilisés que tous les sales gosses nous entourant. Et puis voilà, il m’avait tout l’air de faire son possible pour me décoincer. Il était peut-être aveugle, il n’était pas stupide. D’ailleurs, on dit souvent que les aveugles ont certaines facultés de perception que les autres n’ont pas. Alors il n’avait peut-être pas eu besoin de voir mes joues rouges pour comprendre.

J’ouvris grands les yeux en comprenant quelque chose d’autre. Eh eh, oui j’étais un boulet total mais je n’étais pas idiote. Et si je lui avais fait sentir que sa cécité me mettait mal à l’aise, j’avais un petit peu merdé. En fait, j’étais mal à l’aise juste parce qu’il existait et était là. Sa cécité ‘était qu’un petit plus. Il aurait fait 2 mètres 10 et 120 kilos, ça aurait été pareil. Sauf que ce type de mec ne risquait pas de prendre mal le fait que quelqu’un soit gêné par sa présence. Eh eh… Alors il fallait que je fasse un effort de sociabilité. C’était un truc de fou cette nouvelle vie. J’allais devoir faire des efforts monstrueux tous les jours.

- Mmmh… bah je vais t’en prendre un petit bout alors.

Ouép, je venais de bader alors je n’avais pas faim, mais je me connaissais, dans une demi-heure, j’allais me trainer par terre, l’estomac complètement vide. Et puis cette viande avait quand même l’air ‘achement bonne, et j’étais une grosse gourmande. Chassé le naturiste il revient au bungalow, euh… le naturel il revient au galop. Je pris une grande inspiration et commençai ma petite entreprise. Je posais le beignet à côté de ma compote de pomme et récupéra l’assiette que j’avais donné à mon interlocuteur pour couper la moitié de la viande et la transvaser dans l’assiette maintenant libre. J’avais dit un petit boût, certes, mais c’était de la viiiaaannnnde. Oué, en fait j’avais bien fait de ne pas rester coincer sur l’idée de tout lui donner.
Tout en faisant, j’entrepris de lui répondre.

- Oui, je viens tout juste d’arriver. C’est des sauvages, ici. Je… je suis de la classe cœur, et je m’appelle… Léo.
Mmh…. Je n’étais visiblement pas encore débarrassée de ça. Normal. Ca viendrait avec le temps. Ou pas.
- Et toi ??

Oué… j’en étais pas encore à lui sortir des blagues ou à lui faire des bisous, certes, mais j’étais fière de moi. Pour mon premier jour, je n’étais pas assise dans un coin à me planter un cutteur dans les avant-bras, et en plus je parlais à quelqu’un assez calmement. C’était William qui allait être fier de moi ce soir quand il m’appellerait. Cette pensée me détendit un peu plus, et m’arracha même un sourire. Je coupais mon bout de viande, et l’engloutis.

-Mmh !! C’est bon, éh ! J’m’attendais pas à ça dans une cafét’. En même temps temps faut les nourrir ces jeunes crétins.

Je rougis à nouveau et eus un petit rire gêné. Décidément, rien de tel que de la nourriture pour me décoincer. Surtout de la bonne viande.
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Azai Shinji


MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 21:29    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

« Léo ? »
 
Léo ? C’était pour le moins original. Encore des parents qui avaient décidé que non, ils ne feraient pas comme tout le monde. En tout cas, avec un nom pareil, elle ne risquait pas de passer inaperçue lorsque les enseignants faisait l’appel. D’ailleurs, elle avait eu un moment d’hésitation avant de donner son nom. Preuve que, même si elle l’avait accepté, elle ne s’y était toujours pas faite. Ou alors c’était Shinji qui voyait beaucoup trop compliqué : venant juste d’arriver, elle n’avait peut-être pas encore eu beaucoup d’opportunité de se présenter, voilà tout ! Alors que le jeune homme faisait tout pour qu’on ne le juge pas, voilà qu’il se mettait juger les autres. Tu parles d’un hypocrite ! Après tout, il existait des noms plus ridicule que Léo et si ça se trouvait elle le portait très bien.
Dans tous les cas, elle semblait avoir réfléchit à deux fois à cet échange et semblait s’être finalement décidé à ne pas complètement abandonner cette délicieuse pièce de barbaque. Elle avait bien raison, soit dit en passant. Shinji attendit qu’elle ait effectué le transfert avant de se présenter à son tour.

 
« Moi, c’est Shinji. Je ne vais pas pouvoir t’affirmer que la nourriture est toujours de qualité ici. En général, j’évite scrupuleusement de venir à la cafet’. Un peu trop de monde à mon goût, si tu vois ce que je veux dire. »
 
Il ne prenait pas trop de risque sur ce coup. Si c’était une nouvelle arrivante, nul doute qu’elle avait suivi le troupeau et s’était retrouvé au sein de la foule d’élèves affamés et prêts à tout pour obtenir leur pitance. Ce n’était pas forcément le genre de premier contact qu’on appréciait. Shinji pouvait en témoigner : lui, ça l’avait vacciné. Et pas qu’un peu !
Tout en appréciant son repas, le jeune homme se mit à détailler son interlocutrice. Pas de manière visuelle, bien sûr. Il en aurait été incapable et c’était tout sauf discret. Cependant, en faisant un peu attention à ses mots, à son intonation, aux mouvements involontaires qu’il l’entendait effectuer ou à une foule d’autre petit détail auxquels la majorité des gens ne font pas attention, il parvenait à deviner quelques petits détails. D’abord, le plus flagrant, c’était qu’il s’agissait d’une fille expressive et qui n’avait pas la langue dans sa poche. Lorsqu’elle décrivit (involontairement, il fallait l’espérer) la moitié de la cafétéria comme étant des crétins et des sauvages, Shinji sentit les regards des étudiants les plus proches se tourner dans leur direction. Et il n’avait pas besoin d’être voyant pour se rendre compte de ça ! Sans compter qu’il n’excluait pas le fait qu’il ait été inclus dans le lot, même s’il se doutait que cela n’avait probablement rien de méchant. En revanche, puisqu’ils se trouvaient au sein d’un établissement où les duels étaient tolérés et même vivement encouragés, il convenait de faire preuve d’un minimum de prudence.

 
« Fais attention quand même. On a beaucoup de personnes susceptibles ici. Je me doute que tu n’avais aucune mauvaise intention, mais gaffe aux termes que tu utilises. Moi, je m’en moque : je ne suis pas à ça prêt. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. »
 
Il ne s’agissait que d’un conseil plein de bon sens. Mais en toute honnêteté, Shinji ne pensait pas que Léo serait capable de le suivre. Pas par mauvaise volonté ou quoi que ce soit du même genre, mais plutôt parce qu’elle semblait incapable de dire autre chose que ce qu’elle pensait. La sincérité, quelle que soit la situation ! C’était admirable, mais devait probablement lui valoir sa somme de problème. Même si depuis le temps, on pouvait imaginer qu’elle avait appris à faire avec.
 
« Et puis, soyons honnête. Tout le monde n’est pas comme ça, ici. Il existe des personnes très sympathiques. Je viens d’en avoir une preuve supplémentaire aujourd’hui. »
 
Shinji essaya d’appuyer sa déclaration en orientant son regard en direction de Léo. Inutile de décrire à quel point l’opération fut délicate. Sans compter que ce genre d’action, instinctive pour les autres, était forcé pour lui. C’était difficile, parfois, d’être comme tout le monde.
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MessagePosté le: Ven 15 Juin 2012 - 22:29    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖ Mon prénom lui avait paru bizarre. Bien sûr, puisque c’était celui d’un garçon, et que ce n’était même pas le mien, mais celui de mon frère. Tant pis. De toute façon ça serait comme ça jusqu’à ce que… j’aille mieux. Et que je reconnaisse les événements. Même si j’avais l’impression que c’était le cas, ça ne l’était pas. Il suffisait que je compare mes « souvenirs conscients » aux flashs qui me revenaient. La deuxième version était beaucoup moins réjouissante.

Mais mise à p part cela, oui, en effet, je constatai que certains de nos voisins de table n’avaient pas bien pris cette remarque. J'eus un petit sourire… méchant, si, si, il ne fallait pas trop se fier à ma bouille d’ange. Même si cette fois, ma haine était assez mal dirigée. Mais si j’avais bien appris un truc, c’était qu’on ne s’offusquait que de la vérité. Enfin, il était tout de même préférable de suivre le conseil de Shinji. Tous les jeunes qui étaient ici ne venaient pas pour les mêmes raisons que moi, qui, soit dit en passant, n’étaient pas tout à fait blanches. Ils devaient quand même y avoir une flopé de psychopathes, de traumatisés, de robotisés, ou d’autres personnes toutes aussi dangereuse. Et j’en étais. Même si dans mon cas, j’étais, pour l’instant, plus dangereuse pour moi-même que pour les autres.

- Mmh.. ouép. On verra bien. Mais pour l’instant on va essayer de se taire un peu.

Cette idée m’amusa. Quand je commençais à parler facilement, je parlais. Mais sinon, toute seule, je n’aurais strictement rien dit de ce genre.
Je rougis de nouveau quand il m’adressa un petit compliment. Mais cela ne me figea pas. Non, je ne me découvrais pas une capacité d’adaptation, mais disons que j’avais quand même appris à me détendre un peu quand une rencontre commençait bien. Mais bon, il ne fallait pas croire, je n’allais pas non plus aller lui manger dans la main. C’était aussi quelqu’un qui réfléchissait. Et quiconque réfléchissant était potentiellement dangereux. Je préférais les animaux sur ce point-là.

- Oh merci… mais ça c’est parce que je suis tombé sur toi. Sinon ça n’aurait pas du tout été comme ça.

Ma voix baissa doucement vers la fin, et je soupirai. A moitié soulagée, à moitié triste. Je finis rapidement ma viande. Elles n’avaient jamais fait long feu avec moi. (Cannibaaaaale). Sauf quand j’avais des légumes avec puisque je gardais toujours le meilleure pour la fin, mais comme ici je n’en avais pas. J’attrapais la carafe d’eau de la table et nous servit tous les deux avant de vider mon verre d’une traite. Je passai une main dans mes cheveux, effleurant la pince de ma mère au passage. Allé… je ne savais plus quoi dire. Ce manque de confiance en moi était assez terrible quand même.

- Si ce n’est pas indiscret… pourquoi tu es ici, toi ?
Si ça se trouve, lui aussi était un grand psychopathe…. Mais ouiiiii…. Bien sur.
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Azai Shinji


MessagePosté le: Sam 16 Juin 2012 - 13:42    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Shinji se garda bien de préciser que la question était tout ce qu’il y avait de plus indiscret. Après tout, c’était bien le genre de chose qu’on était en droit de se demander quand on arrivait dans l’endroit aussi incohérent et exclu de la normalité qu’était Rakishou. Et puis, ce n’était pas comme s’il s’agissait de quelque chose que Shinji tenait à tout prix à garder caché. Après tout, l’académie n’était pour lui qu’une opportunité comme beaucoup d’autre. Bien entendu, il se doutait que tout le monde ne pensait pas comme ça. Pour beaucoup, Rakishou était le lieu de la dernière chance ou bien l’unique endroit pouvant réaliser leurs rêves. Mais pour le jeune homme, les raisons étaient beaucoup plus terre à terre.
Il ne répondit pas immédiatement, cependant. Il prit d’abord le temps de remercier Léo d’un signe de tête pour le verre d’eau qu’elle lui avait servi. Il en bu une gorgée, puis resta à réfléchir une minute à la manière dont il allait pouvoir tourner sa réponse. Il finit par se lancer.

 
« Est-ce qu’il t’es déjà arrivé que, afin de réaliser un de tes objectifs, tu sois obligée de faire le contraire de celui-ci ? C’est un peu ce que j’ai connu. »
 
C’était plus ou moins la décision qu’il avait été contraint de prendre. Plus que tout, il refusait d’être exclu de ce que les autres appelaient la normalité. Malheureusement, sa cécité subite l’avait rendu incompatible d’office à ce monde. Dans le pire des cas, il aurait été placé au sein d’un établissement spécialisé pour non-voyants et aurait poursuivi le reste de sa vie à subir le regard des autres. A l’époque, cette simple idée avait manqué de le rendre fou. Mais il avait eu la chance de se découvrir un pouvoir qui lui avait permis d’échapper à cette condition. Certes, les implications étaient de plonger dans un univers baigné d’anomalies et d’incohérence comparé à la divine normalité. Mais à Rakishou, on ne trouvait pas deux individus identiques : il n’existait pas deux personnes disposant de capacités similaires ou ayant le même schéma de pensée. Ici, la différence était devenue la norme.  Et c’était ça que Shinji était venu chercher.
Bien entendu, il n’en raconta pas aussi long à Léo. C’était le genre de récit que seule la personne concernée pouvait trouver intéressant. Et puis, en dire autant n’aurait pour conséquence que de rendre encore plus apparent le handicap de Shinji. Non, mieux valait rester simple.

 
« L’aspect militaire ne m’a jamais intéressé. Aujourd’hui encore, je considère ça comme le cadet de mes soucis. Mais aussi étrange que ça puisse paraître, je ne me sens pas comme un étranger au sein de ces crétins et de ces sauvages, comme tu les appelles. J’ai peut-être appris à m’adapter ou bien j’étais peut-être dès le début fait pour ce genre d’endroit. Va savoir… »
 
Au fur et à mesure qu’il expliquait ses motivations, Shinji devenait à son tour curieux vis-à-vis de Léo. Lui aussi aurait bien voulu connaître ses motivations. Mais contrairement à elle (ou au moins à l’impression qu’elle avait donné), il prenait le temps de bien réfléchir aux conséquences avant de parler. Et il n’eut pas besoin de réfléchir bien longtemps avant de se rendre compte qu’il ne s’agissait définitivement pas de ses oignons. Bien sûr, quand on doit répondre à ce genre de questions, on est en droit d’attendre un peu de réciprocité. Mais pour Shinji, ce n’était pas quelque chose de si important. Après tout, il se doutait qu’on ne venait ici qu’avec deux types d’objectifs : soit réaliser quelque chose, soit fuir autre chose. En ne faisant pas trop le difficile, on pouvait aisément caser l’ensemble des membres de l’académie dans l’une de ces deux catégories. Et en général, on n’avait pas envie d’entendre les motivations de la première catégorie. Quant à ceux de la deuxième, ils n’avaient la plupart du temps pas envie d’en parler.
Et Shinji dans tout ça ? Il se répétait jour après jour qu’il était ici avec un objectif en tête : devenir normal, comme tout le monde. Mais de temps à autre, il lui arrivait d’entendre cette petite voix dans le creux de son esprit qui lui chuchotait que tout ce qu’il faisait, c’était essayer de fuir son anormalité. Il fallait croire qu’en fin de compte, les deux catégories n’étaient pas forcément incompatibles.

 
« Je ne vais pas dire que tu vas t’y habituer, mais je me plais à croire qu’il y a ici beaucoup plus que ce que les apparences peuvent laisser suggérer. Alors oui, le comportement de certain peut parfois sembler un peu rustre, mais aucun n’est venu ici par hasard. »
 
Shinji eut un nouveau sourire et se mit à attaquer son morceau de tarte avec appétit. Il laissa le goût se diffuser dans sa bouche, puis arracha une grimace. C’était immonde ! On avait l’impression de mâcher un morceau de carton qui aurait été imbibé de détergent. Pas la plus agréable des expériences… Et une preuve supplémentaire qu’il ne fallait pas se fier aux apparences.
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MessagePosté le: Sam 16 Juin 2012 - 17:37    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖ Vu les objectifs que j'avais eu dans la vie... euh non. Pour apprendre la skate, j'avais du monter sur un skate. Pour avoir à manger, soit j'avais fait la queue, soit j'avais volé. Pour ne plus m'autodétruire, j'avais dû m'ouvrir à l'affection des autres. Et pour me venger, je devais devenir forte. Donc non, ma vie était bien trop terre-à-terre pour que je me perde dans ce genre de... disons philosophie. Mais bon, je savais pertinemment que quand tu avais le temps de penser, tu pensais. Parfois beaucoup trop. Ce qui m'était arrivé ces 6 dernière années. J'espérais aussi, que maintenant que je serais à Rakishou, je n'aurais pas le temps de trop penser. Du moins de ne pas penser à des choses inutiles, comme un passé sale.
Bref, je me contentais de secouer la tête de droite à gauche, avant d'ajouter un "non" à voix haute, me rappelant qu'il ne pouvait pas me voir.

L'aspect militaire. J'haussai un sourcil. Il fallait me dire ce qu'il y avait de militaire ici. Même si je n'avait vu que très peu de films là dessus, puisqu'ils me faisaient horreur, je savais pertinemment que ce lieu n'avait rien à voir avec l'armée. William m'avait aussi mit en garde à ce sujet. L'autorité était assez bancale, quand à la discipline... c'était hors sujet. Pour l'instant, ça me faisait plus penser à une école d'apprentis... mercenaires. Ce qui, soit dit en passant, ne me dérangeait pas le moins du monde. Je n'étais pas non plus venue ici pour rentrer dans les rangs et obéir à une autorité planquée dans ses bureaux.

- Je ne vais pas dire qu'ils le sont tous, mais tu ne vas pas non plus me dire que se battre pour de la nourriture alors qu'il y a en largement pour tout le monde et... écraser un yaourt dans les cheveux de quelqu'un est civilisé.
Je regardais d'un coin de l'oeil la jeune fille se mettre à hurler sur son "agresseur". Celui-ci, en bon pseudo-mâle alpha, la provoquait à nouveau. Si ça n'était pas horriblement stupide.
- Et puis s'ils... si VOUS l'étiez tous, tu m'aurais déjà démonté sur place, je suppose.

Mmmh... peut-être fallait-il que je fasse plus attention en effet. Après tout, qu'est-ce qui m'indiquait qu'il n'était pas de se grain là, quand j'ai commencé à lui parlé? Peut-être le fait qu'il ait pris la peine de me demander pour la nourriture. Quelque chose me disait que d'autres ne se seraient pas donné cette peine face à une petite blonde. Après, il ne pouvait pas deviner non plus à qu'il avait à faire. Enfin bref, ça ne servait à rien de ressasser ça. Voilà! Je commençais déjà à trop penser pour rien!

- On finis toujours s'habituer à un lieu, aussi horrible soit-il pour peu qu'il s'y trouve quelqu'un à qui on tient, ou qu'il soit l'endroit qui nous mènera à ce que l'on veux atteindre.
Une chose était sur, j'avais été bien plus heureuse dans mon ghetto misérable avec ma famille que dans l'immense demeure De Courcy. Et puis oui, s'adapter était aussi une question de sélection naturelle. Alors pas le choix, pas le choix.
- Mais oui c'est sur, personne n'est venu par hasard.
Ou alors c'est bien la personne la plus stupide de cette académie, toutes catégories confondues.

J'attrapai mon beignet et eu la bonne idée de relever les yeux vers Shinji avant de l'entamer. J'émis un petit rire amusé, avec de croquer avec méfiance dans mon désert.
- Ah, le beignet et pas mauvais, t'en veux? Perso j'ai horreur de finir un repas avec un goût de salé.
Eh eh.... c'était un tout nouveau truc ça chez moi. Provenant de ma récente nouvelle vie de bourge. C'était vraiment stupide de ma part d'avoir ce genre "d'exigence" que je n'aurait jamais eu avant. Mais bon, avec le temps, j'avais bien vu que tout était relatif.
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MessagePosté le: Sam 16 Juin 2012 - 18:36    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Shinji ne put s’empêcher de pouffer de rire lorsque Léo suggéra l’idée qu’il ait été capable de la "démonter". D’un autre côté, il fallait admettre qu’entre ce dont elle avait été témoin et ce qu’elle avait entendu de la bouche même de Shinji, c’était le genre d’hypothèse qu’on pouvait se permettre de faire. Sauf que dans le cas présent, c’était drôle : à tel point que ça faisait passer le goût infect de la tarte. Avec un sourire béant sur le visage, le jeune homme n’hésita pas une seconde à se défendre face à cette pseudo-accusation (il semblait évident que même Léo n’y croyait pas).
 
« Ce n’est pas avec moi que tu risqueras quoi que ce soit ! Je ne suis même pas capable de regarder devant moi : tu m’imagines en train de donner une correction à quelqu’un ? »
 
En théorie, ce n’était même pas concevable. Dans la pratique, c’était un peu plus compliqué que cela. Mais dans tous les cas, Shinji n’était pas assez susceptible pour avoir envie de faire une grosse tête à quelqu’un pour quelques mots de travers. Cependant, il ne s’agissait ni plus ni moins que de sa personnalité et nombre d’autre étudiants ne partageaient pas cette vision des choses.
Comme Léo l’avait décrit, Rakishou pouvait parfois donner l’impression d’un gigantesque foutoir où ne régnaient que l’anarchie et le désordre. C’était loin d’être faux, mais il y avait une subtilité qu’il convenait de ne pas oublier. Shinji attendit un peu avant de développer : il tendit l’oreille pour connaître en détail ce qu’il se passait du côté de la fille au yaourt. Si ses suppositions étaient exactes, la suite des événements ne laissait aucune place au doute.

 
« Ce n’est pas une question de civisme, mais plutôt de capacité. Ici, on n’a pas peur de te répéter encore et encore que tu es capable de choses exceptionnelles. Et beaucoup de monde fait le raccourci : "si j’ai la capacité de le faire, alors rien ne me l’interdit !" Jette un coup d’œil à ton yaourt. »
 
Un peu plus loin, le rôle de victime et d’assaillant venait de s’inverser : la jeune fille avait abandonné les cris pour passer aux actes. En clair, elle était en train de pourchasser le coupable, un cimeterre à la main. La résolution des problèmes était beaucoup plus simple à Rakishou. Rien de tel qu’une bonne confrontation pour que tout le monde s’accorde : l’ensemble du système reposait là-dessus. Pour le meilleur et pour le pire. Qu’on y adhère ou pas.
Shinji eut un soupir de lassitude. Il refusa poliment l’offre de Léo relative au beignet. Il resta un instant à étudier sa camarade en attendant qu’elle termine son dessert. Au fur et à mesure qu’il l’avait écouté parler, il avait pu se faire une idée de l’endroit où se situait sa bouche. Et par déduction, sa taille. Elle devait quand même avoir un sacré cran pour oser critiquer les trois quart des étudiants de Rakishou alors qu’elle ne faisait même pas la taille de Shinji. Lui-même était classé parmi les petits de l’académie. Il fallait juste espérer qu’elle ne se retrouve pas dans le pétrin à peine quelques jours après son arrivée.

 
« En même temps, je ne sais pas trop pourquoi je te dis tout ça comme si je te mettais en garde. Si tu es ici, c’est qu’on t’a estimé capable de te débrouiller. Et de répliquer si la situation te l’imposait. »
 
Sur ce point précis, Shinji n’avait pas encore complètement réussi à s’habituer. Lui  qui était un tel obsédé de la Norme, il lui arrivait d’oublier que n’importe lequel des individus présent dans ce réfectoire était capable de décimer un contingent  tout entier. Léo ne faisait probablement pas exception. Et d’un coup, la crainte de la voir se retrouver dans une situation délicate commençait à se transformer en une forme de curiosité quant à la manière qu’elle utiliserait pour s’en sortir. Comme quoi, on s’habituait même à l’inhabituel !
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MessagePosté le: Dim 17 Juin 2012 - 19:31    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖ Oui, comme ça, on ne se dirait pas qu’il pouvait battre qui que ce soit, mais de un, il était là. A Rakishou. Déjà pour être ici, il ne fallait pas être le dernier des clampins. Mais pour venir ici sans voir, il fallait franchement en avoir dans le slip. Sans sous-entendu Vraiment sans. Burk Bref. Et puis de deux, vu ce que j’avais fait à 11 ans, je ne sous-estimais jamais personne. Même si je n’en donnais pas vraiment l’impression en critiquant tout le monde à peine arrivée. Mais c’était aussi un de mes plus gros soucis, je surestimais souvent les gens. Surtout quand j’avais directement à faire à eux. Quand ils étaient un peu plus loin ça allait encore. Ah ah… Mais bon, je commençais quand même à me dire que je ne risquais rien avec Shinji. Pas au niveau puissance, surtout que je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il savait faire... Mais… je ne pense pas qu’il allait m’attaquer. Du moins pas tout de suite, et pas sans raison. Alors on allait gentille avec lui, hein. Ah ah…. Genre j’étais méchante. Enfin… bref. Je ris un peu aussi, puis tournai les yeux vers le « yaourt », sous sa recommandation.

Un cimeterre ? J’ouvris de grands yeux. Je ne m’attendais pas à ce genre d’armes. Mais bon, c’était original. Tout bien réfléchit, je n’aurais peut-être pas penché pour les armes à feu comme William, si j’avais été de ce type. Les armes blanches étaient plus sympathiques à manier. Il y avait plus d’intérêt. Plus de technique. Enfin bref. N’empêche qu’un cimeterre dans la main d’une gonzesse, ça faisait barbare. Je souris en les regardants. En fait, oui, c’était amusant. De loin. Tant que je ne me retrouvais pas au milieu de tout ça, c’est sûr que c’était très marrant. Oui, j’allais certainement m’y habituer. Shinji avait l’air de trouver ça lassant. En même temps, au bout d’un moment, ça devait quand même lasser. Bah, peut-être qu’au final, je me retrouverais dans le groupe des sales gosses fouteurs de troubles. Même si ça m’étonnerais un tout petit chouïa.

J’haussai les épaules à son refus. Tant pis pour lui, mwahahaha…. C’était trop bon. Je mangeai tout le tour de mon beignet avant de manger toute la partie avec le chocolat qui me dégoulinait sur les doigts. Puis j’entrepris de tout relécher religieusement. Je mangeais toujours mes beignets comme ça. D’un côté, j’étais bien contente que Shinji n’ajoute rien. C’était toujours meilleur quand on pouvait entièrement se concentrer dessus. Mon rituel à la con de toujours. Enfin… de depuis que je mangeais des beignets. Je m’essuyais les mains avec une serviette avant de me reconcentrer sur Shinji.

- Bah, c’est toujours bien d’être au courant du système de la jungle dans laquelle on entre. Je ne peux que te remercier.

Que je sois déjà au courant ou pas importait peu. Il était très sympathique de prévenir la petite blonde que j’étais des dangers qui la menace.

- Enfin, dans le pire des cas je peux me défendre suffisamment longtemps pour qu’on vienne m’aider.

Eh eh… maintenant tout l’avantage de mon champ de force me sautait aux yeux dans cette école plus qu’autre part. En plus comme ça, je ne pouvais pas être punie puisque je ne ferais que me défendre. Niark niark, c’était trop le bon plan. Oui, bon si je commençais déjà à me faire des plans pour toujours faire punir les autres dans mes conflits et toujours m’en sortir indemne je n’allais vraiment pas me faire beaucoup d’amis.

- Tu fais quoi toi ? J’veux dire, comme… capacité. Magie, arme, ou combat ? T’es fort ? Vu qu’ici c’est apparemment grâce à ça qu’on s’en sort facilement.
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MessagePosté le: Dim 17 Juin 2012 - 21:40    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Elle n’avait pas l’air particulièrement inquiète en voyant une de ses condisciples sortir une arme. Un peu surprise peut-être, mais pas plus. Ouais… Il n’y avait pas de raison de trop s’en faire. Et en plus, elle semblait quand même faire partie des gens sympathiques. Donc, pour peu qu’elle fasse attention aux termes qu’elle employait, elle ne risquait pas de se retrouver dans une situation épineuse. Maintenant, ça dépendait beaucoup d’elle et de ce qu’elle était venue chercher ici. Sauf que là, on commençait à entrer dans le domaine privé. Et Shinji détestait fouiller dans la vie des autres autant qu’il détestait que les autres fouillent dans la sienne. Il ne chercha donc pas à en savoir plus.
Léo savait comment les choses fonctionnaient et elle se croyait apte à se défendre en cas de problème. C’était tout ce qui importait. La période des mises en garde et des conseils était passé : on pouvait à présent avoir une conversation normale. Et la première question de Léo fut bien évidemment une des plus prévisibles. De quoi Shinji était-il capable ? On pouvait la comprendre : un aveugle au sein d’une académie spécialisé dans les aptitudes surhumaines, ça pouvait intriguer.

 
« En fait, c’est la discrétion qui permet de s’en sortir le plus facilement. Si tu ne fais pas de vague et que tu ne fais pas trop parler de toi, les autres te laissent tranquille. Et comme je ne suis pas du genre à chercher les embrouilles, je serais bien incapable de te dire si je suis fort ou non. Quand à ce que je sais faire… »
 
On arrivait à un point un peu épineux. Parmi les trois catégories d’aptitudes qu’on pouvait trouver à Rakishou, il y en avait deux qui n’avaient pas grand-chose à cacher. Les Armes parvenaient rarement à dissimuler leurs "outils de travail", mais de toute façon, on se doutait qu’en cas d’altercation contre l’un d’eux, seule l’improvisation permettait de vraiment s’en sortir. Les Combats étaient imprévisibles, mais la règle d’or constituait à rester hors de leur portée.
Mais les Magies ne pouvaient bénéficier d’un avantage que grâce à l’effet de surprise. Et c’était encore plus vrai dans le cas de Shinji ! Son pouvoir ne lui permettait pas de causer le moindre dommage à son adversaire et ne le protégeait pas des coups de ce dernier. Le seul atout qu’il avait était l’effet de surprise et la difficulté d’adaptation. Mais une fois qu’on connaissait le pouvoir de Shinji, on pouvait aisément trouver une parade. Voilà pourquoi il n’avait jamais révélé la nature exacte de son aptitude. Seul le corps enseignants connaissait tous les détails : les autres étudiants n’avaient que des fragments d’informations.

 
« Je suis ce qu’on pourrait appeler un chieur. Pardonne-moi le terme, mais ça reste ce qui se rapproche le plus de la réalité. Je ne cherche pas à gagner ou à éviter la défaite : je mets juste la victoire hors de portée de mon adversaire. »
 
C’était loin d’être l’explication la plus claire qui soit, mais c’était mieux ainsi. Même si Léo était sympathique, Shinji ne la connaissait que depuis une demi-heure tout au plus. C’était un peu tôt pour déballer l’ensemble de ses secrets. Il s’en voulait un peu de la décevoir, mais le seul véritable atout de son pouvoir était de laisser planer le doute. Bien sûr, elle n’aurait aucun mal à obtenir plus de détails : après tout, Shinji ne pouvait rien faire en cas de demande officielle de duel. Mais comme elle venait tout juste d’arriver, il y avait fort à parier qu’elle ne s’y risquerait pas. Mais même si la situation évoluait jusqu’à la confrontation amicale, ça ferait toujours une expérience à prendre. Pour elle comme pour lui.
 
« Navré d’être vague, mais ça fait partie du truc. Bon… Je peux au moins te dire que je fais de la Magie, mais pour le reste, ça va rester secret pour le moment. »
 
Shinji eut un sourire malicieux. Il savait que ça ne ferait qu’attiser la curiosité de Léo, mais il pouvait lui arriver d’être un peu espiègle. Et puis de toute façon, elle devait se douter que les étudiants de Rakishou ne pouvaient pas se permettre de se dévoiler aussi facilement.
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MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 13:02    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖ Je me doutais bien qu’il ne devait pas être le genre de type à chercher les embrouilles. Je ne pensais pas ça négativement, hein, loin de moi cette idée, ni même par rapport à sa cécité d’ailleurs. Non, tout simplement parce que s’il était du type bagarreur, pourquoi se serait-il donné la peine de me mettre en garde. Au contraire. Mais toujours était-il que ça ne répondait pas à ma question. J’attrapai ma compote et l’engloutit vite fait, malgré sa nette acidité dû à un manque de sucre, en attendat la suite de sa réponse. Je ris à sa remarque. Oui, c’était bel et bien un chieur sur le coup-là. Ses adversaires devaient être furax puisqu’ils ne pouvaient ni perdre ni gagner. Ou alors par abandon d’un des deux partis. Le genre de truc qui devait faire péter un câble à tous ces petits mâles « bétas » de Rakishou. Je me demandais bien ce que pouvait être sn pouvoir du coup… Invisibilité ? Tous ceux dotés de capacité animales, ou de télépathie ou empathie le trouverai assez vite. Téléportation ? Bof, il ne s’agirait même pas de combat dans ce cas-là. A moins qu’il leur tourne autour jusqu’à épuisement. Mais bon. Euh… téléportation quand t’es aveugle, c’est assez moyen quand même. Je us un autre verre d’eau en attendant la suite de la réponse qui me déçue carrément. Je plissai les yeux en voyant son sourire en coin et lui assenai un petit coup de pied dans le tibia en riant.

- Eeeh !!! T’es méchant ! C’est pas bien de me torturer comme ça ! Bon, dans deux heures j’aurais déjà oublié mais c’est pas une raison !

Ouép. J’avais beau être une grosse curieuse, j’étais aussi suffisamment tête en l’air pour oublier rapidement le sujet de ma curiosité. Tant mieux pour lui. Mais bon, je m’en rappelai toujours au bout d’un moment. Il ne fallait pas non plus exagérer, je n’étais quand même pas amnésique.

- Mais je trouverai un jour !

Parce que oui, non, le défier n’était pas encore à l’ordre du jour. Je n’allais pas me risquer dans un combat juste pour connaître son pouvoir alors que les seuls combats que j’avais eus jusque-là étaient contre un tuteur gâteau dont je savais pertinemment qu’il ne me ferait jamais de mal. Donc oui, mon expérience là-dessus était encore assez limitée. Et puis de toute façon, pas question de se battre l’estomac plein. Non mais faut pas rêver. Faut que je digérais. Fallait pas me secouer. Eh oui… j’étais très vulnérable après avoir mangé… (ou pas).

- Oué mais t’as raison. C’est vrai que je ferais bin d’en garder un secret moi aussi. Vu la maitrise que j’en ai en même temps, je vais aussi éviter de trop m’en servir pour l’instant.

Mwahaha… je m’imaginais déjà annuler la gravité en plein combat, et la tronche de l’adversaire qui décolle du sol. Je ris doucement. ‘fin bon, je n’en était pas là. La déplacer, ça allait encore, mais l’annuler, j’avais encore du mal. Mais l’aggraver… ça j’y arrivais. Et ça aussi ça pouvait être coooool… Bon, il fallait que j’arrive à y échapper aussi, je n’avais pas trop envie de me retrouver en mode galette à chaque fois. Ca ferait comme pour Shinji. Pas de vainqueur. Mais viser quelqu’un de précis c’était pas mal impossible pour moi encore. J’allais passer mon temps là-dessus dès le lendemain matin. Je le sentais bien ça. En même temps il fallait que je sois à la hauteur de l’école. Et de ses occupants

Bon. Assez parler de cette fichue école et de ce qu’on y faisait. De toute façon, quelque chose me disais que je ne tirerais plus grand-chose de Shinji à ce sujet maintenant. Je savais largement le principal. Y compris ces histoires de maisons complétement stupides à mon humble avis. Encore de la discrimination intra-école, c’était franchement débile. J’avais précisé ma classe en me présentant au cas où, mais Shinji n’avait pas mentionné la sienne donc soit il était « de mon côté » soit il n’en avait strictement rien à carrer. Bref. Par contre, de quoi parler ? Un truc neutre. Je n’allais pas lui poser de question sur sa vie pour la simple est bonne raison que je n’avais pas la moindre envie d’aller sur ce sujet-là, vu ce que j’avais à dire sur la mienne. Et puis je ne devais pas être la seule dans le cas-là, d’autant plus que la vie d’un aveugle ne devait pas être particulièrement rose. Il fallait que je trouve un terrain neutre.

- Mh ! Tu as un animal de compagnie toi ? Moi je suis trop pressée qu’Ugombo puisse venir, il me manque trop !

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MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 16:22    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Le coup de pied attrapa Shinji par surprise. Il ne s’attendait pas à ce genre de réaction. Mais Léo avait pris soin de ne pas y mettre trop de force. C’était amical plus que méchant. Il n’en fit donc pas cas et se contenta de pousser un petit cri de surprise. C’était de bonne guerre, après tout ! Il nota d’ailleurs qu’elle avait pris soin de ne pas non plus dévoiler la nature de ses capacités. On pouvait donc considérer que les deux étaient quitte. Oh, bien sûr, elle avait promis qu’elle trouverait un jour la nature des aptitudes de Shinji, mais ça ressemblait davantage à un caprice qu’à quelque chose de sérieux. Aucune inquiétude à avoir donc. Et si la situation venait vraiment à se présenter, il serait toujours temps d’improviser comme Shinji savait si bien le faire.
La conversation commença alors à s’orienter vers un sujet complétement différent. Ce qui n’était pas forcément un mal, soit dit en passant : jusqu’à présent, la discussion avait été un peu trop "académique". Et quoi de moins académique que les animaux de compagnie. En entendant le nom de celui de Léo, une expression de surprise s’afficha de nouveau sur le visage de Shinji. C’était déjà la deuxième fois que ça lui arrivait à l’écoute d’un nom, aujourd’hui. Ugombo… De quel genre de bestiole pouvait-il bien s’agir ?

 
« Non, je n’en ai pas. Même si je l’avais envisagé à une époque. Mais entre les études, les missions et la vie de tous les jours à l’académie, je me suis dit que j’aurais beaucoup trop à faire pour pouvoir m’occuper convenablement d’un animal. Peut-être plus tard… Quand je gérerais un peu mieux mon emploi du temps… »
 
Pourtant, ce n’était pas quelque chose qui semblait particulièrement hors d’atteinte. Nombre d’étudiants de l’académie disposait de leur propre animal de compagnie et semblait réussir à s’en occuper sans difficultés excessives. Mais le cas de Shinji était particulier : déjà qu’il mettait deux fois plus de temps que les autres à relire ne serait-ce que ses cours, il ne pouvait décemment pas trouver suffisamment de temps pour caser un camarade à poils ou à plumes. L’avantage, c’est qu’il n’en avait jamais eu auparavant, donc ça ne lui manquait pas plus que ça. Ce n’était pas le cas de Léo qui semblait plus que désireuse de voir son petit compagnon la rejoindre. Ah, les filles… Elles et leur attachement si singulier à leurs petites boules de poils ! D’après les statistiques, il y avait fort à parier qu’il s’agissait d’un chat, même si avec la personnalité de Léo, Shinji imaginait davantage un animal un peu plus teigneux comme un furet.
Par contre, si Léo était ici et sa bestiole ailleurs, une question absolument logique venait à l’esprit. Qui pouvait bien s’occuper de l’animal de jeune fille aussi énergique ? Un membre de la famille, probablement. L’espace d’un instant, Shinji s’imagina face à toute une famille aillant le même caractère que sa condisciple. Cette idée lui fit froid dans le dos…

 
« En général, je me suffis à moi-même : si je venais rajouter un chien ou un truc du genre, je serais complétement déboussolé. Et puis, c’est pas comme si je risquais de m’ennuyer, ici ! »
 
C’est vrai qu’il y avait suffisamment à faire. Outre les difficultés inhérentes à sa conditions avec lesquelles Shinji devaient jongler, il devait également trouver le temps de s’occuper de son aptitude, de ses cours, de sa mère un peu trop envahissante…
A l’instant même où il eut cette pensée, il sentit son téléphone vibre dans sa poche. Les lois du hasard avaient beau être impénétrable, Shinji était prêt à parier n’importe quoi qu’il connaissait l’identité de la personne qui tentait de le joindre. Il pressa une touche et une voix digitalisée annonça le nom de l’émetteur. Pas de doute. Madame Azai tentait de joindre son fils. Sans répondre, ni même rejeter l’appel, Shinji replaça le téléphone à sa place et le laissa sonner. Il répondit à ce qu’il imaginait être le regard interrogateur de Léo.

 
« Ma mère… Très gentille, mais il ne se passe pas une journée sans qu’elle ne m’appelle pour s’assurer que tout se passe bien. Sur le long terme, c’est un peu excessif. Surtout à l’heure des repas où lui répondre est tout sauf pratique. »
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MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 20:28    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

✖ J’avais eu Ugombo il y avait déjà quatre ans, donc depuis le temps, nous étions en parfaite harmonie, mais c’était certain que prendre un animal en cours de route quand on est à Rakishou, ce n’est pas une mince affaire. Dans quand on est tranquillement chez soit avec toute la famille on a du mal à élever ne serait-ce qu’un bichon frisé, alors qu’un élève de Rakishou décide tout à coup d’avoir un animal autre qu’un poisson rouge, c’était certes très risqué. Et encore une fois, Shinji avait là encore un désavantage par rapport aux autres.

- Oui, c’est pas évident d’élever un animal ici. Mais si tu as le temps, le mieux c’est les chiens et les singes, ils sont très intelligents et comprennent très vite.

J’entendis un bruit qui me perturba un peu sur le coup, avant que je capte ce que c’était. Un vibreur de téléphone. Shinji passa un main sous la table. C’était donc le sein, et je croisai les bras sur la table, attendant qu’il réponde. Mais il ignora l’appel en justifiant que c’était sa mère. Je fus choquée sur le coup, et gardai le silence un moment. Avant de me souvenir que tout est relatif. Peut-être bien qu’à 17 ans, ici, avec une mère qui me téléphonait tout le temps, j’aurais réagi de la même façon. Léo n’avait que 9 ans quand il avait commencé à vouloir jouer aux grands et à échapper à ses câlins et à sa surveillance. Donc bon. Je me contentai de me plonger les ongles dans les avants-bras, histoire de m’aider à me blinder contre d’éventuelles images indésirables qui risquaient de s’imposer à mon esprit. Esprit dans lequel je placardai immédiatement l’image de William De Courcy, chef d’unité d’élite, en train e me faire des pâtisserie avec un tablier de bonne femme. J’eus un petit sourire.

- Mon tuteur est pas mal aussi dans le genre. Il ne pas toujours pas appelé alors soit il a été appelé sur le terrain, soit il fait les cents pas dans le salon en se forçant de ne pas m’appeler. Mmmh… Je le laisse mariner ou pas ? Arf, soyons pas sadique. De toute façon, s’il ne répond pas tout de suite, c’est qu’il bosse.

Je sortis mon portable de la poche de ma veste et chercha le nom de mon tuteur dans les très rares noms de mon répertoire. Mis à part le médecin, la bibliothèque, le vétérinaire et le bureau de Wiliam, je n’en avais pas d’autre. Triste vie. J’haussai les épaules et lançai l’appelle. J’eus à peine le temps de coller le téléphone à mon oreille que la voix de William explosa dans le combiner que je dû éloigner en vitesse. En effet, il fdevait faire les cents pas dans une pièce quelconque de sa maison, en fixant le téléphone.
Léo ! Léo ! ma p’tite Léo ça va ???!!! Ouiiii ça va ! Flippe pas !! Et Crie pas ! Je pus rapprocher le combiné de mon oreille. T’es sur ???? Euh bah oui… J’suis tombée sur quelqu’un de sympa. Comment il s’appelle ? Pourquoi j’te dirais comment il s’appelle ? Dis-moiiiii !!! Non ! Je m’inquiète. Mais arrête de t’inquiéter, ça va j’te dis. Fais un bisou à Ugombo de ma part. Et moi j’en ai pas ? Toi ? Non. Maieuuuhh… Bon allez j’te laisse, maintenant que t’es rassuré.Mouais… j’te rappelle ce soir. Si tu veux. A toute. A plus tard!
Je raccrochais, soulagée.Le sourire aux lèvres. Même si les paroles en elles-mêmes n’étaient pas spécialement sympathiques, la discussion était restée joyeuse et taquine. Je m’étais beaucoup rapprochée de William depuis que je savais que j’allais partir pour Rakishou.

- Ouha… ça c’est fait. C’est un fou furieux. Si un jour un mec, un membre des forces spéciales avec des longs cheveux violets vient te poser des questions sur ta vie, réponds pas c’est juste mon tuteur qui aura craqué. Il est un peu surprotecteur. Mais pas il n’est pas méchant. Si j’étais sa petite sœur on pourrait dire qu’il a un sister complex si tu vois ce que je veux dire.

Je me doutais bien que cet excès d’affection devait être en grande partie due à la culpabilité de n’avoir pû « sauver » que moi. Mais je me doutais aussi qu’avec le temps, c’était surement devenu sincère. Oui, il était lourd, mais je l’aimais bien. Peut-être fallait-il que je lui montre un peu plus. Mais je n’en était pas encore là. Peut-être que cette séparation allait m’aider et que la prochaine fois que je le verrais j’arriverai à être plus proche de lui. S’il ne me saoulait pas trop bien sûr. En tout cas, si je devenais vraiment proche de lui, il y aurait de l’ambiance à la maison. Déjà qu’on faisait pas mal les cons avec Ugombo, alors si on s’y mettait à trois, ça allait être violent. Et il ne manquerait plus que ce dernier soit jaloux tiens. J’vous jure les hommes. Arhem… bref.

- Ugombo est un gorille de dix ans. Comme c’est une grosse bête intelligente avec des mains, maintenant qu’il est éduqué, je n’ai plus grand-chose à faire. Pour ça les singes c’est vraiment bien. Mais c’est aussi bien plus compliqué de les éduquer qu’un chien
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Azai Shinji


MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 21:18    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky] Répondre en citant

Plus la conversation durait, plus Shinji commençait à développer une sensation de malaise vis-à-vis de Léo. Ce n’était pas qu’il ne l’appréciait pas ou qu’il la trouvait irritante, loin de là. Elle était au contraire très sympathique et lui parler était pour le moins enrichissant. Mais quelque chose ne collait pas. Quelque chose n’était pas normal…
C’était ça ! Pas normale ! Voilà d’où venait la gêne éprouvée par Shinji. Il était évident que Léo ne pouvait pas être considéré comme normale. Pas étonnant qu’un fanatique de la normalité ait quelques difficultés à se sentir parfaitement à l’aise avec ce genre de personne. Même dans le cadre d’une académie comme Rakishou, elle sortait du lot. L’affaire du gorille n’arrangeait d’ailleurs pas les choses. Cette fois, en revanche, Shinji s’y était préparé. Bon, bien sûr, il fut une fois de plus surpris. Mais il s’arrangea pour ne rien laisser paraître. Trois fois de suite, ça aurait vraiment fait déplacé. Surtout que Léo semblait y tenir, à son animal.
 
Le jeune homme essaya alors de se concentrer sur autre chose. La conversation téléphonique qui venait d’être passée semblait le choix le plus évident. Une fois de plus, Léo fut fidèle aux impressions qu’elle avait donné jusqu’ici : une adorable grande gueule qui n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait. Mais étrangement, ce ne fut pas le détail de la conversation qui retint le plus l’attention de Shinji. Ce fut ce qui avait été dit juste avant.
Son tuteur. Pas son père comme on aurait pu logiquement le penser, mais son tuteur. Soudainement, Shinji ressentit comme une violente envie de se mettre un poing en pleine figure. Ca ne lui prenait pas souvent, mais c’était toujours justifié. Ca l’était d’autant plus étant donné la monumentale connerie qu’il venait de commettre. Léo avait un tuteur. Donc pas de parents. Ou peut-être plus de parents. Et juste devant elle, Shinji venait de refuser un appel de sa mère. D’un seul coup, être considéré comme un "crétin" et un "sauvage" devenait beaucoup plus proche de la réalité.
 
A première vue, Léo n’avait pas l’air de le prendre trop mal. Peut-être n’avait-elle rien ressentit de particulier ou peut-être n’était-ce qu’une façade. Dans tous les cas, Shinji avait merdé et il ne voyait absolument aucune méthode valable qui lui permettrait de s’excuser. Il fallait pourtant trouver quelque chose pour rattraper le coup. Il ne savait pas trop ce qui le poussait à ce genre d’extrémité. Peut-être était-ce parce que Léo, à défaut de le considérer comme égal, ne le prenait pas en pitié. Peut-être se revoyait-il, à travers elle, à l’époque où il avait débarqué, complétement paumé, dans un monde étranger sans personne pour pouvoir l’aider. Il ne savait pas. Ce dont il était certain, c’était qu’il devait agir s’il ne voulait pas le regretter.
Il ouvrit son cartable et fouilla à l’intérieur. Il cherchait quelque chose dont il ne se servait que très rarement. A savoir, du papier et un crayon. Il faut dire que les outils technologiques étaient beaucoup plus pratiques quand on était dans une situation comme la sienne. Il restait cependant des moments où les vieilles méthodes restaient les meilleures. Ayant enfin trouvé le nécessaire, il se concentra pour écrire une série de dix chiffres. C’était un exercice délicat : écrire quand on ne pouvait voir était bien plus compliqué que marcher à l’aveugle. Il y avait fort à parier que le résultat ferait saigner les yeux, mais Shinji espérait au moins qu’il serait lisible. Il tendit la feuille à Léo.

 
« Tant qu’on est dans les téléphones, voilà mon numéro. Si jamais tu as une question sur l’académie ou même si tu veux discuter, tu n’hésites pas. Evites juste de me demander quels sont les plus beaux endroits des environs, car j’aurais du mal à te donner une réponse. »
 
Plutôt moyen, comme méthode pour rattraper le coup, mais il n’avait rien trouvé de mieux. Alors oui, il avait donné son numéro plus ou moins par obligation. Mais pas seulement. Car même s’il était un peu mal à l’aise avec elle, Léo restait quelqu’un d’agréable avec qui converser. Et surtout, elle semblait partager certaines des idées de Shinji vis-à-vis de l’académie. Et enfin, il y avait la curiosité. Parce que non, on ne pouvait pas taper la causette avec une fille qui avait un gorille pour animal de compagnie sans avoir envie d’en apprendre un peu plus.
Shinji avait beau être un aveugle normal, il n’en restait pas moins humain !

 
« A l’instant, au téléphone, j’avais l’impression d’entendre ma mère. On a au moins ça en commun. Même si la mienne est davantage mère au foyer que membre des forces spéciales. Ça doit difficilement être ennuyeux, chez toi ! »
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:33    Sujet du message: Fair Trade [Eve Lewinsky]

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